Le bruit à Erevan: entre trafic, klaxons et vie nocturne

Erevan, ville qui résonne: trafic, klaxons, nuits agitées
By Սէրուժ Ուրիշեան (Serouj Ourishian) - Own work, CC BY-SA 3.0, Link

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Fermez les yeux et imaginez-vous au cœur d’Erevan. C’est l’été; la chaleur vibre dans l’air. Un coup de klaxon perce au loin, puis un autre. Quelque part, un moulin à café de rue grince, suivi de la voix d’un serveur et du tintement des verres. Moteurs, pas, conversations, musique: voici la bande-son de la ville. Erevan ne se contente pas de vivre; elle résonne. Et cette toile sonore occupe de plus en plus les esprits des habitants.

D’où vient le bruit de la ville

Le bruit est la plainte la plus fréquente des habitants d’Erevan. En 2023, une enquête universitaire menée dans les quartiers les plus densément peuplés a demandé ce qui entrave le quotidien. Presque tous ont pointé deux irritants majeurs: la circulation et les klaxons incessants — de jour comme de nuit.

Au centre, le volume monte encore: les voitures, la musique amplifiée, les concerts et un maillage serré de cafés entretiennent le vacarme. On raconte que, même fenêtres closes, la rue finit par entrer chez soi.

Trafic, klaxons et ville en mouvement

Erevan est une ville de trafic intense et arrive en tête du pays pour la congestion routière. Un trajet moyen à travers la ville dure environ neuf minutes malgré sa taille modeste. Cela se traduit par des goulots d’étranglement, des arrêts constants — et, inévitablement, des klaxons.

Dans les médias et sur les blogs, revient l’idée que la moitié de la journée se perd à aller d’un point A à un point B. Les habitants ajoutent qu’on n’avance pas sans klaxonner, que tout le monde est pressé et que les nerfs sont à vif. Au fond, c’est toute l’essence de la ville qui s’y lit: elle est toujours en mouvement.

Y a-t-il jamais du calme?

Beaucoup disent que le bruit les épuise. Certains peinent à dormir, d’autres à se concentrer. Ceux qui vivent près des grands axes le ressentent davantage. En 2024, des résidents des quartiers centraux se sont plaints de concerts nocturnes, d’événements de rue et de musique provenant des établissements — trop forts et trop tardifs.

Des responsables arméniens ont même évoqué des règles plus strictes et des amendes en cas de nuisances sonores excessives, même si, pour l’heure, le débat se poursuit. Un détail en dit long: la dernière carte officielle du bruit par districts à Erevan date de 1976. Depuis, silence — au propre comme au figuré.

Ce que cela fait au quotidien

À la fatigue s’ajoute un sentiment d’impuissance. La même étude indique que la plupart des répondants estiment que la situation ne peut pas changer, ce qui accentue l’irritation. On est usé — et l’on ne sait pas comment s’aider.

Pendant ce temps, le site de la ville qualifie les niveaux de bruit et de lumière d’ordinaires. Il suffit pourtant de parcourir le centre pour constater à quel point cette moyenne déborde vite la zone de confort.

Et maintenant?

L’espoir demeure de voir les choses s’améliorer avec le temps. Les autorités discutent déjà de nouvelles règles et évoquent une carte sonore moderne pour repérer les zones les plus bruyantes. Les actes concrets, eux, se font attendre.

Si rien ne change, le bruit ne fera que croître. La ville s’active, avec plus de voitures et plus d’événements — donc plus de décibels.

Une ville qu’on ne met pas en veille

Reste que tout n’est pas si tranché. Le bruit d’Erevan dépasse la simple nuisance: c’est un rythme, un pouls. C’est la vie de rue, le mouvement, l’énergie. Il agace — et il attire. Il fait partie du caractère de la ville.

Même sans y avoir mis les pieds, on en perçoit l’humeur en regardant une vidéo de promenade au son direct: pas, bribes de conversation, voitures qui passent. Erevan est moins une carte postale qu’un lieu habité.

Aujourd’hui, la ville ressemble à une ligne de jazz — parfois forte, acérée, voire chaotique, mais jamais terne. Reste une question ouverte: Erevan saura-t-elle un jour jouer sa musique un peu plus doucement?