Nguyễn, le nom de famille le plus répandu du Vietnam: histoire, chiffres et impact au quotidien

Pourquoi le nom Nguyễn est si courant au Vietnam — origines
By © Vyacheslav Argenberg / http://www.vascoplanet.com/, CC BY 4.0, Link

Découvrez pourquoi le nom de famille Nguyễn est porté par 40 % des Vietnamiens: origines historiques, rôle de la dynastie Nguyễn et effets au quotidien.

Quand on évoque le Vietnam, on imagine les motos, la cuisine de rue, le café au lait concentré et les rizières vertes. Il est pourtant un détail que l’on retient moins: près d’une personne sur deux porte le même nom de famille — Nguyễn. Ce n’est pas un hasard: l’histoire de ce patronyme se confond, de très près, avec le destin du pays.

Comment tout a commencé

Le nom de famille Nguyễn (prononcé à peu près « Nguèn ») est apparu au Vietnam il y a des siècles. D’origine chinoise, il n’était au départ pas particulièrement répandu. Tout bascule au début des années 1800, lorsque la dynastie Nguyễn accède au pouvoir et gouverne pendant plus d’un siècle.

À l’époque, adopter le nom des souverains signalait respect et loyauté. Plus tard, au gré des changements de pouvoir, beaucoup l’ont conservé pour éviter les ennuis, les nouvelles autorités pouvant se méfier de ceux qui portaient d’autres noms ou affichaient des liens avec les « mauvaises » familles.

Ainsi, Nguyễn est devenu le nom le plus répandu du pays — une position qu’il conserve aujourd’hui.

Combien de personnes le portent ?

Selon diverses estimations, environ 40 % des Vietnamiens portent le nom Nguyễn. Concrètement, cela revient à dire qu’à peu près un habitant sur deux le partage.

À titre de comparaison, aux États-Unis, moins de 1 % de la population porte le nom le plus courant, Smith.

Pourquoi en est-on arrivé là ?

Les raisons sont multiples. D’abord, comme on l’a vu, beaucoup ont choisi volontairement ce nom sous la dynastie Nguyễn.

Ensuite, il s’est révélé pratique — neutre et « sûr ». On l’adoptait pour se faire discret, repartir à zéro ou, tout simplement, ne pas se distinguer.

Enfin, comme dans de nombreux pays, les noms de famille se transmettent par la lignée masculine: à chaque génération, le nombre de porteurs a augmenté.

Ce qui frappe, c’est la façon dont le nom s’est diffusé de manière homogène sur la carte. On croise des Nguyễn partout — des villages de montagne aux marchés flottants du sud.

En quoi le Vietnam fait-il exception ?

Dans la plupart des pays, le nom de famille aide à distinguer les individus. Au Vietnam, où une personne sur deux peut s’appeler Nguyễn, le patronyme seul ne suffit pas. On prête davantage attention au nom complet, en particulier au deuxième prénom et à la prononciation exacte — la langue vietnamienne est très tonale, et l’intonation peut changer le sens.

Au-delà des frontières, Nguyễn est aussi devenu un repère évident des communautés vietnamiennes dans le monde. Dans les annuaires à l’étranger, les colonnes dédiées à ce nom dépassent souvent toutes les autres.

Y a-t-il des problèmes ?

Oui, surtout d’ordre technique. Écoles, hôpitaux et administrations voient régulièrement passer des personnes portant exactement le même nom complet, source de confusions. Les bases de données doivent ajouter des identifiants supplémentaires — dates de naissance ou adresses — pour les distinguer.

Dans le même temps, beaucoup de Nguyễn se sentent membres d’une vaste « famille », un sentiment d’identité partagée qui nourrit l’appartenance. Le nom est un point de fierté discret.

Et après ?

Rien n’indique que Nguyễn recule. Avec le temps, certains pourraient choisir d’autres noms de famille, notamment avec l’essor des mariages internationaux ou l’évolution des usages, mais ce n’est pas encore le cas.

Quoi qu’il en soit, Nguyễn est plus qu’une ligne dans un passeport. C’est une histoire en miniature qui rappelle à quel point les noms personnels peuvent épouser le destin d’un pays.