Découvrez l’histoire du Ponte Vecchio à Florence: des bouchers aux joailliers, le Corridor de Vasari rouvert et les travaux de restauration prévus jusqu’en 2026
Florence ne manque pas de recoins pleins de charme, mais le Ponte Vecchio reste l’un des plus singuliers. Ce pont pluriséculaire enjambe l’Arno depuis des générations: il a vu passer des guerres, des crues, des changements d’époque et, tout récemment, une nouvelle phase de travaux. Il revient aujourd’hui au premier plan, à mesure que le projet de le rafraîchir avance. Pourquoi compte-t-il tant pour la ville, et que lui arrive-t-il exactement?
La première mention du Ponte Vecchio remonte à 996, et il pourrait même trouver ses origines à l’époque romaine. Il fut d’abord une structure en bois, emportée à deux reprises par les crues. En 1345, il renaît en pierre: posé sur trois arcs larges, il devient solide et fiable. Pour l’Europe d’alors, c’était une véritable nouveauté.
Un temps, des bouchers et des tanneurs occupaient les échoppes du pont, négociant au-dessus de l’eau. Au XVIe siècle, les Médicis estiment que le vacarme et les odeurs jurent avec un lieu aussi en vue, écartent ces métiers et louent les boutiques aux joailliers. Depuis, le Ponte Vecchio est devenu le pont des bijoutiers, et l’on y achète encore aujourd’hui des bijoux, de l’or et d’autres objets précieux.
En 1565, une longue galerie couverte est construite au-dessus du pont: le Corridor de Vasari. Elle reliait deux résidences majeures des Médicis et leur permettait de se déplacer discrètement, à l’abri des regards, d’un palais à l’autre. Fermé en 2016, le passage a rouvert en décembre 2024. Il se visite désormais sur réservation, offrant un point de vue inhabituel sur Florence.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, les Allemands firent sauter tous les ponts de Florence pour freiner l’avancée alliée, mais ils laissèrent le Ponte Vecchio intact. Une légende raconte qu’Hitler aurait interdit sa destruction parce qu’il l’aimait; la véracité de cet épisode reste inconnue, mais le pont a survécu. Plus tard, en 1966, une crue sévère menaça de nouveau la ville, et le Ponte Vecchio y résista aussi.
À l’automne 2024, une restauration a commencé pour la première fois en soixante ans, avec une fin prévue en 2026. Le chantier se veut mesuré: le pont ne sera pas fermé et restera accessible aux piétons. La ville et la célèbre famille de vignerons Marchesi Antinori couvrent les coûts, à hauteur d’environ deux millions d’euros. Arcs, parapets et maçonneries seront remis en état, tout ce qu’il faut pour assurer sa conservation.
Le Ponte Vecchio est bien plus qu’un vieux pont. C’est un morceau vivant de la ville, son âme et son emblème. Il a été un marché, un maillon des habitudes des puissants et un survivant des temps les plus durs. Aujourd’hui, il entame une seconde jeunesse, prêt à émerveiller les générations à venir.
Si vous passez par Florence, prenez le temps de le traverser. Arrêtez-vous, regardez autour de vous, puis vers l’eau. Ce n’est pas seulement une étape touristique: c’est un lieu où l’histoire semble reprendre souffle.