Explorez Son Doong au Vietnam, la plus grande grotte du monde: histoire de sa découverte, écosystème unique, accès limité avec Oxalis et conseils pour réserver.
Au cœur du Vietnam, blottie entre montagnes et jungle, se cache une grotte qui paraît presque irréelle. Son nom: Son Doong, et elle détient le titre de plus grande grotte de la planète. L’échelle déroute: un avion pourrait traverser certains tronçons, des arbres ont pris racine par endroits, et il arrive que des nuages se forment — à l’intérieur même.
La grotte a été révélée par hasard. Au début des années 1990, un habitant nommé Ho Khanh est tombé sur une ouverture étrange dans la roche, où le bruit de l’eau se mêlait à un vent constant. Effrayé, il n’est pas entré. Il a fallu attendre près de vingt ans, en 2009, pour qu’une équipe d’explorateurs britanniques y descende et conclue qu’il ne s’agissait pas seulement d’une vaste cavité, mais de la plus grande connue sur Terre.
Depuis, Son Doong fait sensation. Elle s’étire sur environ 9 kilomètres, avec des parois qui s’élèvent jusqu’à 200 mètres. Pour donner l’échelle, l’une de ses salles pourrait abriter un gratte-ciel de 40 étages.
Son Doong traverse des montagnes calcaires. Au fil des années, l’eau a creusé la roche, façonnant peu à peu la grotte. La lumière du jour filtre par plusieurs grandes ouvertures au plafond, ce qui a permis à des arbres de pousser sous la surface. Avec l’humidité et la température intérieure, des brumes se forment parfois.
La grotte n’est pas seulement gigantesque — elle est vivante. Elle abrite des plantes, des insectes et des champignons rares que l’on ne croise pas à l’extérieur. Selon les chercheurs, des lieux de ce type éclairent la façon dont la vie peut se développer en quasi-isolement, sans soleil ni repères météorologiques familiers.
En théorie, oui — mais ce n’est rien de simple. Depuis 2014, l’accès est limité à des groupes organisés par un seul opérateur, Oxalis Adventure. Les expéditions indépendantes ne sont pas autorisées.
La fréquentation reste réduite: en dix ans, environ 7 500 personnes venues de plus de 50 pays y sont entrées. Le calendrier l’est aussi: l’entrée n’est permise que de février à août; au-delà, la montée des eaux rend les conditions dangereuses.
La demande est immense. Pour 2025, toutes les places sont déjà prises, et seules les réservations pour 2026 restent possibles.
La grotte est fragile. Le moindre dérangement — déchets, lumière excessive, pas maladroit — peut endommager ce que la nature a façonné pendant des millions d’années. D’où un accès strictement encadré, des itinéraires pensés dans les moindres détails et une préparation spécifique pour chaque groupe.
C’est un cas rare où tourisme et préservation avancent de concert. Pour l’instant, l’équilibre tient: la grotte s’ouvre au monde tout en étant traitée avec retenue.
Les scientifiques estiment que Son Doong n’est peut-être qu’une partie d’un système bien plus complexe, potentiellement relié à d’autres cavités souterraines. Beaucoup d’éléments en son sein restent à étudier. De futures expéditions pourraient révéler de nouveaux passages, de nouvelles salles, voire de nouvelles espèces animales.
Au-delà de l’étude de la formation de ces paysages, Son Doong contribue à éclairer le passé de la planète — une sorte de clé de l’histoire ancienne de la Terre.