Découvrez quand chaque pays célèbre la Journée des enseignants: Inde, Chine, États-Unis, Turquie, Corée du Sud, Brésil, Europe, Australie. Dates et traditions
Les enseignants sont salués aux quatre coins du monde, mais aucune date unique ne fait l’unanimité. Il existe bien une Journée mondiale des enseignants, instaurée en 1994 par l’UNESCO et l’Organisation internationale du travail et fixée au 5 octobre. Mais le paysage est plus nuancé: chaque pays rend hommage à la profession à sa manière et à des dates distinctes.
L’idée de consacrer une journée aux éducateurs remonte à un document de 1966 qui évoquait le statut des enseignants et la nécessité de reconnaître leur contribution. Depuis, plus d’une centaine de pays marquent la Journée mondiale des enseignants, souvent par des conférences, des remises de prix et des gestes symboliques en faveur de l’éducation. Le cadre s’est imposé, preuve que la reconnaissance a besoin de rituels partagés.
En Inde, la célébration tombe le 5 septembre, jour anniversaire de Sarvepalli Radhakrishnan, président du pays et penseur reconnu. La tradition s’est solidement installée: les écoles organisent des concerts, les élèves remercient leurs professeurs, et dans certains établissements, des élèves prennent même la place de l’enseignant le temps d’une journée. Une façon concrète de mesurer l’exigence du métier.
La Chine fête la Journée des enseignants le 10 septembre. Plus qu’une simple mention au calendrier, c’est un moment soutenu officiellement par les autorités, et dans certaines provinces, d’anciens rituels de respect envers les mentors perdurent. Le passé et le présent y dialoguent sans se contredire.
Aux États-Unis, il n’existe pas de date nationale unique. Le Teacher Appreciation Day a lieu le mardi de la première semaine complète de mai. Cette même semaine déroule une série d’initiatives: événements scolaires, concours et gestes symboliques de gratitude. Le format s’étire dans le temps, ce qui multiplie les occasions de dire merci.
En Turquie, la fête est liée à Mustafa Kemal Atatürk. Elle est observée le 24 novembre, jour où le premier président du pays a lui-même donné des cours pour signifier l’importance de l’enseignement. Un signal clair sur la place de l’école dans le projet national.
En Corée du Sud, la Journée des enseignants tombe le 15 mai, date anniversaire du roi Sejong, célèbre pour la création de l’alphabet coréen. Dans les écoles, les élèves offrent des fleurs et organisent des cérémonies. Le geste est simple, la charge symbolique évidente.
Le Brésil a choisi le 15 octobre, une date qui renvoie à la première loi scolaire du pays. La journée donne lieu à des événements dans les établissements et à des distinctions officielles. Le lien entre cadre légal et reconnaissance publique saute aux yeux.
La plupart des pays européens, comme l’Allemagne et le Royaume-Uni, maintiennent la date internationale du 5 octobre. La Russie l’a également adoptée officiellement en 1994.
L’Australie a déplacé la célébration au dernier vendredi d’octobre, le 5 tombant souvent pendant les vacances scolaires. La Nouvelle-Zélande honore les enseignants le 29 octobre. L’adaptation au calendrier local prime, sans perdre l’esprit de la journée.
Presque partout, la journée s’accompagne de cadeaux et de fleurs, mais les formes varient. Certains lieux privilégient des assemblées et des concerts, d’autres optent pour des remises de prix officielles. En Inde, comme ailleurs, des élèves endossent parfois le rôle d’enseignant; et dans certaines régions de Chine, un ancien rituel de lavage des pieds des professeurs subsiste comme marque de respect. Les symboles changent, l’intention demeure.
Au fil des années, l’événement a dépassé l’enceinte des écoles. Les organisations internationales s’en saisissent pour évoquer les défis de l’éducation, le statut de la profession et les conditions de travail des enseignants. De nouveaux formats se sont imposés: messages en ligne, visioconférences, forums professionnels. La conversation s’élargit sans perdre de vue l’essentiel.
La Journée des enseignants rassemble les pays autour d’un respect commun pour celles et ceux qui transmettent le savoir. Mais chaque nation en fixe la date, la logique et les usages selon son histoire, sa culture et ses symboles. Le message, lui, ne varie pas: l’estime pour les éducateurs est universelle, et elle trouve des expressions multiples qui lui donnent chair.