Découvrez comment la Grande Muraille de Chine fut érigée sans ciment: mortier au riz gluant, pierres et pisé, innovations Ming et découvertes récentes.
La Grande Muraille de Chine figure parmi les monuments les plus reconnaissables du globe. Son échelle laisse pantois: plus de 21 000 kilomètres. Tout aussi saisissante est la manière dont elle a été bâtie. Des artisans chinois de l’Antiquité ont érigé cette barrière colossale sans outils modernes et même sans ciment. À la place, ils se sont appuyés sur le riz. Une leçon d’ingéniosité qui force le respect.

La première phase de la construction a débuté au IIIe siècle av. J.-C., sous le premier empereur de Chine, Qin Shi Huangdi. À l’époque, l’ouvrage ressemblait davantage à une chaîne de fortifications séparées qu’à une ligne de défense continue. Sa mission centrale était de protéger le pays des tribus nomades venues du nord.
Plus tard, sous la dynastie Ming (1368–1644), la muraille a été reconstruite et considérablement renforcée. C’est alors qu’elle a pris les contours que nous connaissons aujourd’hui.

Le relief fut l’un des plus grands défis: la muraille traverse aussi bien des montagnes que des déserts, si bien que les bâtisseurs utilisaient ce qu’ils avaient sous la main.
Dans la steppe, on élevait des murs en pisé: des couches de terre tassées entre des cadres en bois jusqu’à devenir presque aussi dures que la pierre.
Dans les zones désertiques, on mélangeait sable et gravier pour stabiliser les structures.
En montagne, les ouvriers posaient à la main des blocs de pierre.
La méthode la plus intrigante reposait sur un mortier à base de riz utilisé sur certains tronçons. Du riz cuit, mélangé à de la chaux, donnait un liant d’une solidité exceptionnelle qui se renforçait avec le temps. Des chercheurs ont constaté que ce mortier au riz ne se contentait pas d’assembler les pierres: il aidait aussi la muraille à résister aux séismes et à l’érosion. Sans surprise, ces sections ont mieux traversé les siècles que d’autres.

Malgré des décennies d’études, la muraille continue de surprendre. En 2023, des archéologues ont identifié, dans le désert de Gobi, des sections souterraines encore inédites. Des spécialistes ont également conclu que les premières défenses pourraient être apparues avant même le règne de Qin Shi Huangdi. De quoi rappeler que l’ouvrage n’a pas livré tous ses secrets.

La Grande Muraille n’est pas qu’un rempart ancien: c’est un tour de force d’ingénierie, la démonstration qu’une construction peut gagner en durabilité sans technologie moderne.
Sa longévité tient sans doute autant à l’habileté des bâtisseurs qu’à ce mortier de riz gluant, qui s’est révélé plus qu’un aliment: un matériau de construction remarquablement fiable.