Enquête claire: les porcs vietnamiens sont-ils vraiment gardés à la maison au Vietnam ? Faits, contexte et mythe des mini-porcs de compagnie démystifiés
Une affirmation accrocheuse circule en ligne: au Vietnam, certaines familles laisseraient des porcs vivre non pas dans la porcherie, mais directement à la maison, choyés comme de vrais animaux de compagnie. Est-ce bien le cas ?
Le Vietnam possède bien une race emblématique de cochons nains: le porc vietnamien à ventre pendulant, petit gabarit, ventre comique et regard vif. C’est précisément cette race qui a conquis les États-Unis et l’Europe, où l’on a commencé à l’accueillir chez soi comme un chien ou un chat.
Beaucoup l’ont découverte sur les réseaux sociaux et en ont déduit que, puisque la race est vietnamienne, les Vietnamiens la garderaient eux aussi à la maison. L’hypothèse paraît logique au premier abord, mais tient‑elle vraiment la route ?
À examiner des sources solides — sites officiels, articles de presse, données récentes — rien n’indique que les familles vietnamiennes gardent massivement des porcs comme animaux de compagnie.
À l’inverse, le Vietnam fait partie des pays qui consomment le plus de porc. Là-bas, le cochon est d’abord un aliment ou une source de revenus, surtout dans les zones rurales.
Quelques sources décrivent la race Lon I, s’attardant sur son apparence et son tempérament. Mais ces descriptions renvoient surtout à d’autres pays, où la race a été importée avant d’être gardée à la maison.
Dans les publications vietnamiennes et l’information officielle, le porc apparaît avant tout comme du bétail, pas comme un compagnon de salon.
Bien sûr, il arrive que quelqu’un, au village, s’attache à un porcelet et renonce à l’abattre, le laissant vivre dans la cour. Mais cela relève de l’exception. Dans la culture dominante au Vietnam, le cochon reste un symbole de prospérité et un pilier de l’économie domestique — pas un animal qui somnole sur le canapé.
Le récit s’est probablement répandu parce que les mini-porcs vietnamiens ont eu du succès à l’étranger. Ils sont mignons, malins, et on s’y attache facilement — on a donc commencé à les garder à la maison. De là, certains ont supposé que, puisqu’ils sont vietnamiens, les familles au Vietnam en feraient autant. Problème: aucune preuve ne vient étayer cette idée.
La culture vietnamienne est foisonnante de symboles, et le cochon y renvoie à l’abondance, aux festivités, jusqu’à l’art populaire. Mais un symbole culturel n’est pas, par nature, un animal de compagnie.
— Au Vietnam, les porcs comptent avant tout pour l’alimentation et l’économie.
— La race de mini-porc vient du Vietnam, mais on la garde plus souvent comme animal de compagnie à l’étranger qu’au Vietnam même.
— Aucune publication officielle ni récente ne laisse entendre que les familles vietnamiennes gardent largement des porcs comme animaux de compagnie.
Le joli « fait » tient donc, très probablement, du mythe. Oui, la race est vietnamienne. Oui, elle peut vivre à la maison. Mais au Vietnam, le cochon demeure d’abord un animal de ferme, pas un habitué du canapé familial.
Il est frappant de voir comment un seul porcelet peut nourrir tant de rumeurs — un rappel utile pour distinguer ce qui relève du réel et ce qui n’est qu’une légende d’internet.