Découvrez pourquoi Burano arbore des maisons colorées: légende des pêcheurs, explications pratiques et règles de peinture, d’autres villes en couleur.
L’île italienne de Burano déborde de maisons aux couleurs franches. Rouge, bleu, jaune, vert — chaque façade semble sortie tout droit d’une palette de peintre. Mais pourquoi cet arc-en-ciel? Hasard, tradition ou choix réfléchi?

Les habitants aiment raconter une histoire pleine de charme: autrefois, dans le brouillard épais, les pêcheurs peinaient à repérer leur foyer et auraient commencé à peindre les murs en teintes audacieuses pour se guider par mauvais temps. L’image s’impose facilement — des murs éclatants comme des balises sur la lagune.
On avance toutefois une explication plus terre à terre. Beaucoup estiment que ces couleurs aidaient à distinguer la maison d’une famille de celle du voisin sur une île exiguë. Les peintures vives protégeaient aussi les façades du soleil et détachaient les bâtiments sur l’eau. Entre romantisme et pragmatisme, la vérité se situe sans doute à mi-chemin.

Malgré cette impression de liberté chromatique, impossible de repeindre une façade sur un coup de tête. Quiconque souhaite changer de teinte doit obtenir l’aval des autorités locales, qui proposent plusieurs nuances adaptées à l’endroit. La règle peut sembler stricte, mais c’est elle qui maintient l’accord de ce patchwork et préserve le caractère du lieu.

Burano n’est pas la seule à oser la couleur. En Espagne, le village de Júzcar a vu ses maisons virer au bleu à l’occasion d’une publicité pour le film Les Schtroumpfs. Les habitants ont tant apprécié ce nouveau visage qu’ils ont choisi de le garder.
Et en Argentine, le quartier de La Boca à Buenos Aires a commencé au XIXe siècle à peindre les maisons avec des restes de peinture de bateaux. Aujourd’hui, c’est l’un des secteurs les plus visités de la ville.
À Burano, ces façades kaléidoscopiques sont plus qu’un décor: elles font partie de l’histoire de l’île. Peut-être ces couleurs aidaient-elles jadis les pêcheurs à retrouver le chemin de la maison. Désormais, elles attirent des visiteurs venus de partout et donnent à Burano une identité inimitable. Et qui sait, d’autres lieux oseront peut‑être, eux aussi, la teinte éclatante — il reste bien des coins du monde à égayer d’une touche de couleur.