Découvrez 8 ponts emblématiques à travers le monde: Golden Bridge, Zhangjiajie, Banpo, viaduc de Millau, Russky, Moses Bridge, Ponte Vecchio, Øresund.
Les ponts sont bien plus que de simples ouvrages reliant deux rives. Ils incarnent l’ingéniosité, la créativité et cette envie tenace de repousser les limites naturelles. Au fil des siècles, l’art de bâtir des ponts a donné naissance à des structures qui séduisent autant par leur utilité que par leur beauté, leur ampleur et l’audace de leurs concepts. Tour d’horizon de quelques ponts parmi les plus saisissants du monde—de véritables œuvres d’architecture. Des viaducs suspendus au-dessus des ravins aux élégantes portées qui relient des villes, voire des pays, ils montrent jusqu’où peut aller l’imagination humaine.

Perché dans les Ba Na Hills, près de Da Nang, le Golden Bridge a fait sensation dès son inauguration en juin 2018, autant pour son décor digne d’un film que pour une silhouette impossible à oublier. Long de 150 mètres et installé à 1 400 mètres d’altitude, il relie une station de téléphérique aux jardins du parc des Ba Na Hills.
Son signe distinctif: une paire de mains de pierre, monumentales, qui semblent soutenir le tablier dans le vide. Les sculptures évoquent des mains divines tenant des fils d’or et donnent l’étrange impression d’un pont suspendu dans les airs.
Des garde-corps dorés justifient son nom, tandis que les pentes verdoyantes et les vues qui s’ouvrent sur les vallées montagneuses transforment la traversée en destination à part entière—un exploit d’ingénierie où l’on prend volontiers le temps de s’attarder.

Dans le parc national forestier de Zhangjiajie, au Hunan, ce pont de verre inauguré en 2016 a rapidement fait le tour du monde. Il franchit 430 mètres au-dessus d’un canyon profond et se trouve suspendu à 300 mètres du sol; son plancher transparent en verre multicouche permet d’observer le vide sous ses pas.
Épais de 6 centimètres, les panneaux ont été soumis à des épreuves sévères—coups de masse, passages de véhicules—pour démontrer leur solidité et leur sécurité. Résultat: non seulement le plus long et le plus haut pont de verre au monde, mais aussi une démonstration de sang-froid technologique.
Le regard embrasse des piliers de grès vertigineux, des cascades et une végétation dense—des paysages connus pour avoir inspiré les montagnes flottantes du film Avatar. Les amateurs de sensations et les photographes s’y rendent pour ce mélange rare d’adrénaline et de décors de carte postale.

Mis en service en 1982, le pont Banpo enjambe le fleuve Han à Séoul et relie les arrondissements de Seocho et Yongsan. Sa mission d’ingénierie est évidente, mais sa dimension d’art public l’a propulsé parmi les ponts les plus imaginatifs, notamment grâce à la Moonlight Rainbow Fountain.
Installé en 2009, le dispositif aligne de part et d’autre du pont quelque 380 jets capables de pomper jusqu’à 190 tonnes d’eau du fleuve par minute. Chorégraphiés sur de la musique et éclairés par des LED, les jets retombent dans le fleuve à des angles changeants, composant des rideaux d’eau illuminés qui se parent de teintes arc-en-ciel une fois la nuit tombée.
Le soir, le pont prend la vedette: ce spectacle son et lumière transforme l’ouvrage en scène à ciel ouvert, prisée des visiteurs comme des habitants. Une manière limpide de montrer comment l’infrastructure peut aussi jouer le théâtre urbain.

Ouvert en 2004 dans le sud de la France, le viaduc de Millau est le plus haut pont routier du monde; l’un de ses pylônes culmine à 343 mètres—plus haut que la tour Eiffel. Il franchit la vallée du Tarn, porte l’A75 et fluidifie l’axe entre Paris et le sud.
Conçu par l’architecte britannique Norman Foster avec l’ingénieur français Michel Virlogeux, l’ouvrage est à la fois dépouillé et élégant: sept pylônes fins mais puissants soutiennent le tablier par des haubans d’acier, donnant au pont une impression de légèreté tandis qu’il effleure le paysage. Long de 2 460 mètres, il a été pensé pour s’inscrire dans son site plutôt que de l’écraser.
Fonctionnellement, il a transformé les temps de parcours; visuellement, il est devenu une destination. Son panorama peut faire taire la conversation, et la pureté de sa ligne en a fait un symbole de la grâce de l’ingénierie contemporaine.

En reliant le continent de Vladivostok à l’île Russky dans l’Extrême-Orient russe, le Russky Bridge a été inauguré en 2012 comme un geste d’ambition et de technique. À l’époque, sa portée centrale de 1 104 mètres en faisait le plus long pont à haubans du monde.
Deux pylônes de 324 mètres portent le tablier par des haubans d’acier; l’ouvrage s’étire sur 1 885 mètres au total et affiche 23 mètres de large, avec deux voies de circulation dans chaque sens. Il a été dimensionné pour affronter les conditions locales, entre vents forts et tempêtes hivernales.
Construit pour le sommet de l’APEC 2012, il est depuis devenu l’un des axes essentiels du réseau de transport de la ville, améliorant l’accès aux pôles académiques et de recherche de l’île, dont l’Université fédérale d’Extrême-Orient.
Sa silhouette—pylônes vertigineux et haubans en éventail sur fond de baie Pierre-le-Grand—offre à Vladivostok l’un de ses points de vue les plus photogéniques.

Au fort de Roovere, près d’Halsteren, le Moses Bridge prend au mot son nom avec une idée aussi simple qu’étonnante. Au lieu de passer au-dessus de l’eau, il la fend: une traversée partiellement submergée permettant aux piétons de franchir les douves en dessous du niveau de l’eau, comme si la surface s’était ouverte.
L’eau vient lécher les bords en bois, mais des calculs de profondeur précis et un drainage efficace gardent le chemin au sec. Construit en matériaux résistants à l’humidité, comme le bois Accoya, le pont est calibré pour le climat et le contact prolongé avec l’eau.
En disparaissant presque dans le paysage, il préserve le caractère historique du fort et de ses abords. Le concept a attiré des visiteurs du monde entier et reçu des récompenses pour l’évidence percutante de son idée.

Au cœur de Florence, le Ponte Vecchio—littéralement « Vieux Pont »—enjambe l’Arno depuis le XIVe siècle et reste l’un des emblèmes les plus reconnaissables de la ville.
Sa particularité la plus célèbre tient à la rangée de boutiques construites directement sur le pont. Autrefois occupées par des bouchers, elles sont passées au XVIe siècle aux mains d’orfèvres et de joailliers sur décision du duc Cosimo I de’ Medici, afin d’élever le prestige du pont et d’éviter les odeurs. Aujourd’hui encore, ces vitrines étincelantes donnent au passage une atmosphère florentine unique.
Le pont en arc de pierre compte trois travées, la centrale étant la plus large, offrant une vue classique le long de l’Arno. Au-dessus des échoppes court le corridor de Vasari, conçu en 1565 par Giorgio Vasari pour les Médicis: un passage couvert reliant le Palazzo Vecchio au Palazzo Pitti afin que la famille puisse circuler sans mettre le nez dehors.
Après avoir survécu aux crues et aux destructions de la Seconde Guerre mondiale, qui ont emporté bien d’autres ponts de Florence, le Ponte Vecchio demeure à la fois un fragment d’histoire et un aimant à visiteurs.

Le pont de l’Øresund relie deux pays—le Danemark et la Suède—par-dessus le détroit du même nom, reliant Copenhague à Malmö. Ouvert en 2000, il combine un pont et un tunnel sous-marin, un projet européen ambitieux à bien des égards.
La section à haubans s’étire sur environ 8 kilomètres au-dessus de l’eau, avec deux niveaux: une autoroute à quatre voies sur la partie supérieure et une voie ferrée à double voie au-dessous. Les travées centrales sont suspendues à des pylônes de 204 mètres, laissant passer les grands navires.
À son extrémité occidentale, le tracé plonge dans un tunnel d’environ 4 kilomètres. Ce choix évite les conflits avec le trafic aérien près de l’aéroport de Copenhague et libère les routes maritimes, portant la traversée totale à environ 16 kilomètres.
Au-delà de la technique, l’ouvrage a resserré les liens entre Danemark et Suède—temps de trajet raccourcis, essor des échanges et du tourisme, rapprochement des marchés du travail. Ses lignes nettes et son échelle en ont fait un repère régional à part entière.

Dans le bassin de Paddington, à Londres, The Rolling Bridge (achevé en 2004 sur un dessin de Thomas Heatherwick) repense ce que peut être une passerelle piétonne. Son tour de force: la métamorphose.
Composé de huit segments, le pont s’allonge sur environ 12 mètres pour franchir un canal. Lorsque des bateaux doivent passer, un système hydraulique replie doucement les segments jusqu’à former un cercle qui libère la voie d’eau.
Le basculement prend quelques minutes et attire immanquablement les curieux: difficile de résister au spectacle d’un pont qui se change en anneau sculptural avant de redevenir passerelle. Un exemple net d’art, d’architecture et d’ingénierie à l’unisson, récompensé pour l’originalité qui l’anime.