Le tourisme repart, mais certains comportements exaspèrent les habitants. Découvrez qui agace le plus et nos conseils pour voyager avec respect et discrétion.
Le voyage a retrouvé la cote : les billets partent en un clin d’œil, les avions sont pleins et les villes chéries des voyageurs vibrent de nouveau. Mais avec l’affluence s’élève aussi un chœur d’habitants, qui estiment que certains visiteurs manquent de considération, bousculent le quotidien et oublient les règles les plus élémentaires. Alors, qui agace le plus ?
Il n’y a pas si longtemps, on ouvrait les bras aux visiteurs pour les emplois et les revenus qu’ils apportaient. Désormais, dans de nombreuses villes, l’humeur a changé : les habitants rappellent de plus en plus qu’ils y vivent — ils ne sont pas là pour servir les voyageurs.
Et on comprend pourquoi. Le tourisme de masse peut être intrusif : les rues se bloquent, le bruit monte, des déchets apparaissent là où ils n’ont rien à faire. Des études suggèrent que plus de la moitié des voyageurs savent que leur comportement a un impact sur les habitants. Pour autant, la friction ne disparaît pas.
1. Les Égarés — perpétuellement hors trajectoire
Ce sont ceux qui ne font jamais la paix avec une carte. Ils se perdent dans la foule, décrochent des visites et demandent sans cesse leur chemin, cassant le rythme et entamant la patience.
Pour les locaux, c’est épuisant : au lieu d’échanges du quotidien, un flux continu de demandes d’aide et de regards éberlués.
2. Les Acheteurs — venus pour les bonnes affaires, pas pour l’esprit des lieux
Chasseurs de promotions, ils traquent les bons plans et rentrent avec des valises qui ferment à peine. Ils engorgent les transports, saturent les boutiques et achètent en quantité.
Les habitants y voient souvent une logique du tout-prendre plutôt qu’une curiosité sincère pour la culture locale. Le meilleur réflexe s’impose : soutenir les artisans et acheter avec discernement.
3. Les Accros au téléphone — rivés à l’écran
Ils documentent tout : repas, selfies, stories, vidéo — souvent en plein milieu d’un passage bondé. Ils bloquent la circulation, parlent haut-parleur, et font abstraction du monde autour d’eux.
Les habitants constatent que cette chasse au contenu transforme la ville en décor de tournage. Le choix le plus simple reste évident : lever les yeux, regarder, être présent.
4. Les Grignoteurs — qui mangent partout où ils s’installent
Certains boudent les cafés et déballent leur casse-croûte dans les musées, dans la rue, jusque au pied des monuments. Résultat : déchets, odeurs, bancs poisseux, qui s’attardent.
Ce n’est pas qu’une gêne ; cela grignote l’allure et l’atmosphère d’une ville, de quoi agacer ceux qui y vivent.
5. Les Fumeurs — des fumées sans frontières
Même là où les règles sont claires, certains les ignorent, allumant une cigarette sur les trottoirs, aux entrées de musées, juste à côté des autres.
La fumée, l’odeur et les mégots abandonnés dérangent tout le monde — et peuvent être dangereux, surtout par temps chaud et sec, propice aux départs de feu.
6. Les Photographes — tout pour la photo
Avec drones, trépieds et matériel, ils monopolisent les meilleurs points de vue, ralentissent les files et bouchent les perspectives. Parfois, la quête du cadre parfait les entraîne dans des zones interdites.
Des villes ont commencé à restreindre les prises de vues dans les endroits bondés pour une raison simple : un photographe trop ambitieux peut faire rater l’instant à des dizaines d’autres.
Un visiteur peu attentif, c’est une gêne ; des centaines, cela ressemble à un siège. Les rues saturent, les habitants se sentent relégués chez eux, et l’attitude vis-à-vis du tourisme se durcit.
En 2025, par exemple, en Espagne et au Portugal, des habitants ont expliqué que leurs immeubles s’étaient mués en hôtels de fait — des voisins remplacés par des groupes de vacanciers bruyants. Ce ressentiment ne fait que s’amplifier.
C’est plus simple qu’il y paraît :
Un touriste reste un invité. Et un bon invité est celui qui ne complique pas la vie de celui qui l’accueille. Les Égarés, les Acheteurs, les Accros au téléphone et les autres ne posent pas problème parce qu’ils seraient des gens mauvais — ils en posent un quand ils oublient que, où que l’on aille, on entre chez quelqu’un.
Avec cette idée en tête, le voyage devient plus doux pour tout le monde : les visiteurs, les habitants et la ville elle-même.