13:35 12-11-2025
Réunion sous-marine aux Maldives: un cri face au changement climatique
Retour sur la réunion gouvernementale sous l’eau aux Maldives en 2009: un symbole fort face à la montée des eaux et au changement climatique, et ce qui a suivi.
En 2009, le gouvernement des Maldives a tenté l’impensable: des ministres ont enfilé des combinaisons et tenu une réunion officielle sous l’eau. Le geste paraissait théâtral, mais c’était surtout un appel à l’aide. Ce petit État insulaire voulait rappeler au monde que, si la mer continue de monter, les Maldives pourraient tout simplement disparaître de la carte.
Pourquoi tenir une réunion au fond d’un lagon ?
L’idée est venue de l’ancien président Mohamed Nasheed. Avec ses ministres, il est descendu au fond d’un lagon près de l’île de Girifushi. Chacun a suivi une brève initiation à la plongée pour éviter que le symbole ne tourne à la vraie urgence.
Sous l’eau, à coups de gestes et de planchettes, les ministres ont signé un appel à la communauté internationale, un message bref et sans fioritures — en substance, un SOS venu de la première ligne du changement climatique.
Ce faisant, ils ont souligné à quel point le réchauffement planétaire pèse déjà sur des pays comme les Maldives.
Pourquoi les Maldives sont-elles si exposées ?
L’archipel compte plus d’un millier d’îles dans l’océan Indien. Presque toutes sont basses, d’origine corallienne. L’altitude moyenne dépasse à peine un mètre au-dessus du niveau de la mer. Autrement dit, si l’océan monte sensiblement, l’eau pourrait submerger tout le pays.
Les habitants vivent déjà avec des rivages qui reculent, des tempêtes plus fortes et des îles qui rétrécissent. Si rien ne change, c’est l’existence même d’un pays qui pourrait s’effacer.
Pas un simple coup d’éclat
On pourrait y voir un pur exercice de communication, mais l’objectif était net. Les Maldives voulaient braquer l’attention mondiale sur une menace climatique — et elles y sont parvenues. Les images des ministres sous l’eau ont fait le tour de la planète. Parfois, les photos voyagent plus vite que les dossiers, et ici le symbole a percé le brouhaha.
Le message central a été porté jusqu’à une conférence climat des Nations unies. Le président maldivien expliquait alors que l’objectif n’était pas de devenir le premier pays à disparaître, mais le premier à se sauver.
Et après ?
Plus d’une décennie a passé. Le gouvernement n’a pas reconduit d’actions aussi spectaculaires — du moins, aucune nouvelle mention n’est apparue dans les sources officielles au cours de l’année écoulée. L’épisode reste pourtant dans les mémoires: on le retrouve en classe, sur des sites environnementaux, et comme exemple d’une façon inhabituelle d’aborder un sujet grave. Preuve que certaines images s’impriment durablement.
La suite
Aujourd’hui, les Maldives cherchent à se protéger: élever des ouvrages de défense, dialoguer avec d’autres pays, développer des projets environnementaux. L’essentiel, lui, n’a pas changé: si rien n’est entrepris, le temps risque de manquer.
Cette réunion sous-marine est devenue un symbole, simple, limpide, percutant. Elle a montré qu’un petit pays peut porter haut la voix sur un enjeu immense. Reste à savoir si le monde veut l’entendre.