13:33 06-01-2026
Plats du Nouvel An autour du monde: traditions et symboles
Plats du Nouvel An dans le monde: lentilles, raviolis, tteokguk. Du Japon au Brésil, traditions culinaires et symboles de chance, prospérité et renouveau.
Le réveillon est cet instant où le monde semble retenir son souffle avant de tourner la page. Pour certains, ce sont les feux d’artifice et le compte à rebours ; pour d’autres, un rite de purification et de renouveau. De Moscou poudrée de neige à Sydney chauffée par le soleil, une constante s’impose : une table festive où les familles se retrouvent pour saluer l’année qui s’en va et accueillir la suivante.
Sur cette table, chaque plat fait bien plus que flatter le palais ; il porte des codes culturels, des symboles et des habitudes bien ancrées. Des lentilles en Italie et des raviolis en Chine au tteokguk en Corée et au braai en Afrique australe, la cuisine devient un langage universel d’espoir, de prospérité et de mémoire.
Russie : des salades en symbole de réconfort
Pour les Russes, un réveillon sans salade Olivier ni Hareng sous manteau de fourrure paraît incomplet. Ces plats ont depuis longtemps dépassé la gastronomie : ils sont entrés dans les histoires familiales et le rituel annuel. Dès qu’ils arrivent sur la table, la fête commence vraiment. Les versions actuelles s’éloignent souvent de l’original du XIXe siècle de Lucien Olivier — avec gélinotte et caviar —, mais c’est la lecture soviétique qui s’est imposée, et elle continue d’évoquer une chaleur de foyer.
Italie : des lentilles comme mise sur l’année à venir
Une croyance circule dans le sud de l’Europe : plus on mange de lentilles la nuit du Nouvel An, plus l’année suivante sera prospère. Les Italiens y tiennent ; les lentilles avec kyokkyo, zampone ou cotechino restent des piliers du festin — métaphores comestibles de progrès et d’abondance. Au dessert, un panettone aérien attend parfois minuit le 1er janvier, petite superstition pour ne pas laisser filer la chance.
Allemagne : un goût de bonne fortune
Dans les foyers allemands, un jarret de porc peut servir d’ancrage au repas — morceau roboratif, mais aussi talisman de chance. S’ajoute un pain aux amandes appelé sprengel, cuit avec raisins secs et épices, et du hareng salé traditionnellement mangé après minuit. Ensemble, ces choix dessinent un vœu de fortune, de santé et de résilience.
France : la délicatesse comme art de vivre
La France accueille la nouvelle année avec foie gras, huîtres et bûche de Noël. Ici, la table relève autant de l’esthétique que du plaisir : un petit musée du goût où chaque détail compte. Les fruits de mer soufflent une idée de renouveau, tandis que foie gras et bûche parlent de confort et de bien-être.
Chine : des sens pliés dans chaque ravioli
Le Nouvel An chinois est une fête de symboles. Des raviolis en forme de lingots promettent la richesse ; le poisson incarne l’abondance ; de longues nouilles suggèrent la longévité. L’essentiel reste de cuisiner et de manger ensemble — la nourriture comme manière d’exprimer l’attention et de transmettre des vœux.
Japon : retenue avec profondeur
Au Japon, la table de fête s’articule autour de l’osechi-ryori — mets disposés avec soin dans des boîtes laquées, chacun porteur de son sens. Mochi et toshikoshi soba complètent l’ensemble, avec l’espoir d’unité, de liens solides et d’une longue vie. Le Nouvel An y ressemble moins à un banquet bruyant qu’à une conversation respectueuse avec la tradition.
Corée du Sud : une soupe pour franchir le seuil
Le tteokguk — soupe aux gâteaux de riz — accompagne le Nouvel An de chaque Coréen. Avec la première cuillerée, on dit que chacun prend symboliquement un an de plus. Les galettes blanches, en forme de pièce, incarnent pureté et prospérité ; au-delà, c’est le rituel d’être réunis en famille qui prime.
États-Unis : une cuisine généreuse avec un message
Dans le Sud des États-Unis, le jour de l’An rime avec pois à œil noir, légumes verts et pain de maïs. Le code est simple mais éloquent : les haricots pour l’argent, les verdures pour la richesse, le pain pour la stabilité. Si l’on souhaite quelque chose de plus copieux, dinde ou jambon apparaissent en clin d’œil au confort et à la prospérité.
Mexique : tamales et une couronne à surprise
Au Mexique, le Nouvel An commence par l’envie de se retrouver et de cuisiner ensemble. Les tamales incarnent l’unité, tandis que la Rosca de Reyes — en forme d’anneau, lustrée de fruits confits et abritant une petite figurine — apporte un jeu de tradition : celui qui la découvre accueille la fête en février. Un rituel qui refuse de s’effacer.
Brésil : des lentilles assaisonnées d’espoir
Au Brésil, des lentilles avec du riz promettent de l’argent pour l’année à venir. Pour la viande, la coutume privilégie le porc, puisque le cochon fouille vers l’avant. Le symbole est clair et puissant : ce que l’on choisit de manger la nuit du Nouvel An est censé donner le ton du chemin à venir.
Argentine : le gril et douze raisins à minuit
L’asado — rituel national des grillades — transforme la table en célébration de l’abondance estivale, des viandes aux fruits. Une coutume prisée invite à manger douze raisins au coup de minuit, un vœu pour chacun. Des douceurs au dulce de leche referment le repas, comme un clin d’œil à l’espoir d’une vie sucrée.
Afrique du Sud : une fête au soleil
Dans l’hémisphère sud, le Nouvel An sud-africain rime avec braai — viande cuite au feu de bois entre amis. Fruits frais, salades et bouchées légères soulignent une harmonie sereine avec la nature. Le message porté par le repas va droit au but : être ensemble est l’essentiel.
Maroc : couscous et douceurs comme promesse d’abondance
Au cœur de la table marocaine trône un couscous avec viande et légumes. Des desserts au miel, garnis de fruits à coque, parlent de joie. Beaucoup arrive sur un grand plateau partagé — la nourriture comme geste qui rassemble. Le Nouvel An y est moins vacarme que proximité savoureuse.
Australie et Nouvelle-Zélande : la légèreté de l’été
La haute saison donne le tempo : barbecue au parc, Pavlova couronnée de fruits, fruits de mer bien frais. Le Nouvel An signifie plage, amis et façon plus légère d’être. La fête ne réclame aucun apparat — seulement soleil, fraîcheur et bonne humeur.
Les plats sont plus que de la nourriture
Les mets de fête dépassent la simple subsistance ; ils forment un langage par lequel les nations parlent d’espoir, de foi et d’amour. Le Nouvel An rassemble autour de tables où chaque ingrédient porte une trace d’histoire, de culture et d’un rêve de ce qui vient. Emprunter une tradition venue d’ailleurs, et elle peut bien devenir la vôtre.