21:25 01-01-2026
Les qanats de Téhéran: héritage souterrain et avenir
Découvrez comment les qanats de Téhéran, anciens canaux souterrains, ont façonné l’accès à l’eau et ce qu’il en reste aujourd’hui. Patrimoine, indices, enjeux.
Sous la circulation, sous l’asphalte de la ville, parmi les gratte-ciel et les blocs de béton de Téhéran, un morceau oublié du passé pourrait se tapir. Ce n’est ni de la fiction ni un mythe. L’Iran a longtemps compté sur un remarquable système de canaux souterrains — les qanats — qui apportaient l’eau bien avant les tuyaux et les pompes modernes. Aujourd’hui, il n’en subsiste que des traces dispersées, la plupart passant inaperçues.
Qu’est-ce qu’un qanat et pourquoi l’a-t-on construit ?
Un qanat est une galerie souterraine qui descend des montagnes vers les zones habitées. Son tracé suit une pente douce afin que l’eau s’écoule par gravité — sans pompe ni électricité. Des puits verticaux jalonnent le parcours pour permettre nettoyage et inspection. Ce dispositif a été mis au point en Perse il y a plus de 3 000 ans.
Dans le climat aride de l’Iran, ces conduits ont fait office de ligne de vie. Ils ont rendu l’eau potable accessible et soutenu les cultures. Dans certains villages, ils fonctionnent encore — et, fait remarquable, ils restent efficaces.
Quel lien avec Téhéran ?
Sur ce point, les informations publiques sont maigres. Les sources ouvertes ne livrent ni cartes ni preuves solides d’un vaste réseau sous la capitale. Malgré tout, quelques indices persistent. À Sohanak, au nord-est de la ville, on évoque encore plusieurs qanats qui alimentaient autrefois l’eau de boisson et l’irrigation. De quoi laisser penser que des sources souterraines similaires ont, un temps, servi Téhéran.
Pourquoi ces canaux comptent-ils ?
Il ne s’agit pas seulement d’histoire. Les qanats font partie de la culture et de l’héritage de l’Iran, et l’UNESCO a reconnu leur valeur universelle. Dans les zones rurales, ces tunnels sont encore utilisés, contribuant à ménager la ressource malgré la chaleur et la rareté des précipitations.
Dans les grandes villes comme Téhéran, le tableau diffère. Les qanats ont peu à peu disparu : certains ont été recouverts par les chantiers, d’autres oubliés, d’autres encore jugés dispensables. À l’heure où la pression sur l’eau s’intensifie, difficile de ne pas y voir la perte d’une ressource discrète et pratique — et, sans doute, une occasion manquée.
Que peut-on faire ?
Oui. La première étape consiste à recenser ce qui subsiste : interroger les habitants de longue date, consulter d’anciennes cartes, fouiller les archives. Des tronçons peuvent encore sommeiller sous terre, invisibles depuis des années. Tout aussi essentiel, raconter cette histoire à un public plus large : sans intérêt ni soutien, ces traces tendent à s’effacer.
Les qanats rappellent que l’ingéniosité humaine a su trouver des solutions sobres pour tenir dans des conditions difficiles.
Si Téhéran veut préserver le lien avec ses racines, il lui faudra peut-être repartir du socle — le sol sous nos pieds.