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Hahoe en Corée du Sud: un village vivant où les portes restent ouvertes

Découvrez Hahoe, village confucéen près d’Andong en Corée du Sud, où les portes restent ouvertes. Danse masquée et patrimoine UNESCO: une leçon de confiance.

By Bernard Gagnon - Own work, CC0, Link

Aujourd’hui, nous considérons normales les hautes clôtures, les serrures et les caméras de surveillance. Pourtant, en Corée du Sud, il existe un endroit où la vie suit d’autres règles. Dans le village de Hahoe, on laisse encore les portes le plus souvent ouvertes et l’on ne s’étonne pas de voir un voisin entrer. Ce n’est ni une reconstitution ni un musée à ciel ouvert, mais un village bien vivant, où la confiance et l’entraide donnent le tempo.

Des maisons sans clôtures ni verrous — pourquoi cela fonctionne

Le village de Hahoe se trouve non loin de la ville d’Andong, dans la province du Gyeongsang du Nord. Au premier regard, on comprend que l’endroit n’a rien d’ordinaire: les clôtures sont rares, les portes restent souvent ouvertes et personne ne se formalise des visites à l’improviste.

Les chercheurs qui s’intéressent aux habitats traditionnels coréens soulignent qu’il ne s’agit pas d’une simple singularité locale: c’est un trait culturel. Une porte ouverte signifie que l’on n’a pas peur les uns des autres et que l’on fait le choix de la confiance. Ce geste tout simple entretient des liens de voisinage chaleureux et proches.

Une histoire qui continue

Le village s’est formé il y a plusieurs siècles, sous la dynastie Joseon. Un grand clan portant le nom Ryu s’y est établi, et la plupart des habitants en sont toujours les descendants. On y vit comme dans une famille élargie: chacun se connaît, s’entraide et partage les tâches de la communauté.

Ce qui frappe, c’est la faible empreinte du temps. Les hanok aux toits de tuiles, les ruelles étroites et un art de vivre traditionnel ont perduré. L’UNESCO a inscrit Hahoe au patrimoine mondial pour son authenticité, et non comme décor figé.

Vivre ensemble, au sens propre

Environ une centaine de personnes vivent à Hahoe. Et même si des visiteurs viennent du monde entier, le village demeure un lieu habité, pas un simple décor pour touristes.

La vie s’y déroule collectivement: fêtes, rituels, jusqu’au quotidien le plus simple. On y danse encore l’ancienne danse masquée, non comme un divertissement, mais comme une tradition fédératrice. Les habitants estiment qu’elle protège le village et porte chance.

Pourquoi vivre ainsi: une philosophie en actes

L’idée directrice de la vie à Hahoe s’enracine dans le confucianisme, une philosophie de longue date en Corée. Elle valorise le respect, l’attention aux aînés et l’harmonie. D’où l’absence de pression à se retrancher derrière des clôtures: la confiance y est la norme.

Autrefois, des écoles dans ce type de village enseignaient aux enfants les bonnes manières, la lecture et l’histoire. Un pavillon d’étude historique subsiste, témoin de cette époque.

Et aujourd’hui? La vie continue, sans envie de changer

Dans le monde actuel, vivre portes ouvertes peut sembler risqué. Les habitants de Hahoe ne paraissent pas s’en soucier. Des blogueurs de voyage rapportent qu’on voit encore quelqu’un assis sur le pas d’une porte ouverte, tandis que les voisins passent discuter, comme autrefois.

Les touristes sont plus nombreux, et cela laisse une empreinte. Pourtant, l’atmosphère du village demeure la même: sereine, confiante, chaleureuse.

Ce que ce lieu nous apprend

Hahoe est plus qu’un village. C’est un rappel vivant que la confiance entre les personnes reste possible. Sans clôtures, il y a plus d’espace pour parler, aider, se rapprocher.

Ce modèle ne conviendra pas à tous. Mais Hahoe montre que la confiance n’est pas une faiblesse: c’est un choix qui simplifie la vie et la rend plus douce.