17:44 17-12-2025

Le phare d’alignement Est d’Inkerman : 200 ans de veille

Découvrez l’histoire du phare d’alignement Est d’Inkerman à Sébastopol : construit en 1821, détruit puis rebâti en 1946, il guide toujours les navires.

By Pavel Volzhin - Own work, CC BY-SA 4.0, Link

Haut perché au-dessus de la baie de Sébastopol, entre falaises et collines verdoyantes, se dresse un phare modeste mais essentiel. On l’aperçoit à peine depuis la route : pas de néon, aucune enseigne tapageuse. Et pourtant, le phare d’alignement Est d’Inkerman guide depuis deux siècles les navires vers l’entrée de la baie en toute sécurité — une présence discrète qui fait ce pour quoi elle est là.

Aux origines

Le phare a été construit en 1821. À l’époque, Sébastopol grandissait rapidement comme port de mer, et la navigation — la capacité pour les navires de repérer sans hésiter l’entrée de la baie — était vitale. Le phare est venu en renfort des marins. Pas seul : il fonctionne de concert avec le phare « Avant », formant un alignement, cette ligne que les capitaines suivent pour garder le bon cap.

Bien que la tour soit modeste — environ 11 mètres —, elle se trouve au sommet d’une haute colline. Grâce à cette altitude, sa lanterne se voit de loin : perchée à près de 196 mètres au-dessus du niveau de la mer, elle fait du site l’un des phares implantés le plus haut de Russie.

Le phare en temps de guerre

Le lieu est lié à plusieurs épisodes historiques. Pendant la guerre de Crimée, lorsque les forces ennemies ont approché Sébastopol, le phare a été volontairement éteint pour ne pas offrir de repère à l’adversaire. Durant la Seconde Guerre mondiale, la tour a été détruite de fond en comble. Elle a été rebâtie en 1946 et a repris son service, rétablissant sa fonction première : montrer la route aux navires.

Ce qu’il est aujourd’hui

Aujourd’hui, le phare d’alignement Est poursuit sa mission sans bruit. Il ne s’est pas transformé en musée ni en curiosité touristique. C’est un site opérationnel, sans fioritures. Il aide les navires contemporains comme il aidait ceux du XIXe siècle, avec la même rigueur tranquille.

On ne peut pas y entrer, mais sa simple présence impose le respect. Depuis plus de 200 ans, il sert la ville. Il a traversé la guerre et la paix. Et malgré tout, il continue de briller : stable, fiable, droit au but. Il y a dans cette continuité une sobriété qui force l’estime.

Le phare d’Inkerman n’est pas qu’une tour coiffée d’une ampoule. C’est un fragment vivant d’histoire, toujours à l’ouvrage aujourd’hui.