13:49 17-12-2025
L’élevage de singes de Soukhoumi: histoire, espace et visites
Découvrez l’élevage de singes de Soukhoumi: rôle dans les vols spatiaux soviétiques, progrès en immunité et visites guidées pour les voyageurs. À visiter.
Quand on parle des animaux envoyés dans l’espace, les premiers noms qui surgissent sont souvent ceux des chiennes Belka et Strelka. On oublie pourtant à quel point les singes ont, eux aussi, pesé dans cette histoire. Leur camp d’entraînement se trouvait à Soukhoumi, dans un élevage unique en son genre, qui fonctionne encore aujourd’hui.
Comment tout a commencé
En 1927, juste à l’extérieur de Soukhoumi, a ouvert un centre scientifique particulier : l’Élevage de singes de Soukhoumi. Le choix du lieu n’avait rien d’un hasard : climat doux et collines verdoyantes offraient un habitat idéal aux primates. Au départ, les chercheurs se concentraient sur les maladies, afin de mieux comprendre leurs effets chez l’être humain.
Au fil des années, l’élevage a gagné une réputation qui a dépassé l’Abkhazie. On y a mené des expériences majeures pour étudier le fonctionnement de l’immunité, le développement des tumeurs et l’action des médicaments. Plus tard, l’équipe s’est attaquée à un défi d’un autre ordre : la préparation aux vols spatiaux.
Singes cosmonautes
À mesure que le programme spatial soviétique prenait de la vitesse, le centre de Soukhoumi a commencé à entraîner des singes pour des missions. Il ne s’agissait pas de spectacle, mais d’expériences scientifiques exigeantes. Les chercheurs voulaient savoir comment l’impesanteur influe sur la santé.
Le premier singe formé à Soukhoumi a volé en 1983, à bord d’un satellite spécialement équipé pour suivre l’activité du cœur, du cerveau et d’autres organes. Les enseignements tirés ont ensuite contribué à rendre les missions humaines plus sûres.
Ce que le centre faisait aussi
Le travail mené à Soukhoumi allait bien au-delà de l’espace. Les chercheurs y ont mis au point des vaccins contre des maladies dangereuses, dont la poliomyélite et la rougeole. L’élevage est devenu un site clé pour tester de nouveaux médicaments et vérifier leur efficacité réelle.
À l’époque soviétique, le centre abritait jusqu’à un millier de singes en même temps. Des scientifiques de plusieurs villes y venaient pour acquérir de l’expérience et collaborer avec d’autres grands laboratoires. Rien qu’à l’échelle des activités, on mesure la place centrale qu’avait pris l’établissement.
Le centre aujourd’hui
Après l’effondrement de l’Union soviétique et les années agitées qu’a connues l’Abkhazie, l’activité a nettement ralenti — mais l’élevage n’a jamais fermé. Aujourd’hui, il fonctionne de nouveau comme une institution de travail, et poursuit ses recherches sur les virus et l’immunité. Les visiteurs peuvent aussi suivre des visites guidées et voir les animaux de près.
L’élevage a trouvé sa place dans la vie touristique locale : on vient non seulement pour la science, mais aussi pour rencontrer les singes et écouter les récits des équipes. Un rappel simple que ce lieu relie désormais la recherche à la curiosité du quotidien.