01:36 15-11-2025

Pont de l’Øresund entre Copenhague et Malmö: histoire, impact et avenir

Découvrez comment le pont de l’Øresund relie Copenhague et Malmö depuis 25 ans: construction, effets pour les navetteurs, pannes et projet de métro pour 2035.

By Nick-D - Own work, CC BY-SA 4.0, Link

À cheval sur la frontière entre le Danemark et la Suède se dresse une infrastructure hors norme: le pont de l’Oresund. Reliant Copenhague à Malmö, il a rythmé le quotidien de dizaines de milliers de personnes depuis vingt-cinq ans. Plus qu’un itinéraire, il s’est imposé comme un symbole de coopération, de commodité et de nouvelles perspectives.

De quel pont s’agit‑il ?

À proprement parler, l’Oresund n’est pas qu’un pont. C’est une succession d’ouvrages: un long viaduc, un tunnel et une île artificielle, sur près de 16 kilomètres d’un bout à l’autre. La circulation automobile se fait sur le tablier supérieur, les trains sur l’inférieur. Cette répartition préserve les couloirs maritimes du détroit et évite d’entraver les décollages et atterrissages de l’aéroport voisin.

Le chantier débute en 1995, l’ouvrage ouvre le 1er juillet 2000. Des experts de plusieurs pays y ont contribué, et le projet a ensuite reçu un prix international prestigieux saluant son élégance et son ingéniosité technique.

Comment le pont a changé le quotidien

Aujourd’hui, environ 100 000 personnes franchissent le pont chaque jour. La plupart sont des Suédois qui travaillent au Danemark, faisant de la traversée l’épine dorsale d’un vaste bassin d’emploi de plus de quatre millions d’habitants.

Pourtant, le tableau n’est pas entièrement équilibré. À Malmö, beaucoup estiment que l’embellie économique se ressent davantage à Copenhague. De nombreux Suédois font la navette vers des emplois au Danemark tout en continuant à vivre en Suède, et les autorités locales débattent des moyens de rendre la vie plus équitable sur les deux rives. Cette impression de bénéfices inégalement répartis reste tenace.

Un anniversaire… et quelques contretemps

Le 1er juillet 2025, le pont a célébré son 25e anniversaire. Pour l’occasion, les autorités danoise et suédoise ont signé un accord destiné à faciliter la vie des habitués de la frontière, avec la promesse de liaisons de transport améliorées, de moins d’obstacles administratifs et d’une région plus fluide dans son ensemble.

Mais des complications se sont invitées au pire moment. Au printemps, une usure a été détectée sur les voies ferrées. La fréquence des trains a chuté à un départ par heure, poussant les voyageurs vers les bus, et il a fallu près d’un mois pour retrouver un service normal. Un rappel abrupt: même une artère vitrine dépend d’un entretien constant.

Quelle suite pour la traversée ?

Malgré son âge, la liaison de l’Oresund n’envisage pas la retraite. Sa direction se dit confiante: elle peut accueillir bien plus de passagers. D’ici 2030, le nombre de personnes traversant chaque jour le détroit devrait atteindre 30 000.

Des projets de métro entre Copenhague et Malmö sont également sur la table. Il circulerait plus vite que l’actuel service ferroviaire et soulagerait nettement la liaison, avec une ouverture envisagée autour de 2035.

Parallèlement, un tunnel entre le Danemark et l’Allemagne (le Fehmarn Belt) est en construction, ancrant l’Oresund au sein d’un corridor de transport européen plus vaste.

Les frontières n’ont pas disparu

Le pont a rapproché les deux pays, mais les frontières n’ont pas disparu. La pandémie, les évolutions législatives et le renforcement des contrôles rappellent que des règles s’appliquent toujours. Pour celles et ceux habitués à circuler librement, la friction se fait sentir — un rappel ponctuel de la réalité dans une région bâtie sur l’ouverture.