21:37 14-11-2025

Randonner en montagne en toute sécurité: préparer, agir, décider

Accidents, météo changeante, équipement, premiers secours: guide pour la sécurité en montagne. Conseils concrets, erreurs à éviter, tech utile pour randonner.

© Ratnikov S.S.

Chaque année, des milliers de personnes gagnent la montagne: les unes pour battre des records, les autres pour les panoramas ou simplement décrocher. Mais derrière ces arêtes et cet air limpide se cache un danger bien réel. En 2024, rien qu’en Slovénie, 37 personnes y ont perdu la vie. Et cela alors même que le nombre total d’opérations de secours y a diminué. Difficile d’y voir un paradoxe: les randonneurs se multiplient, sans toujours emporter les compétences nécessaires. Pendant ce temps, la météo et le terrain se montrent plus capricieux que par le passé.

Ce qui arrive le plus souvent

Les chiffres récents indiquent que près de la moitié des accidents en montagne découlent de chutes. Viennent ensuite divers problèmes de santé, puis le mauvais temps et les avalanches. La météo, surtout, oblige à rester sur ses gardes: soleil le matin, bourrasque de neige à midi — un scénario devenu familier, y compris l’été.

La montagne ne se résume pas au froid, au verglas ou aux pentes raides. Les ennuis naissent souvent de la fatigue, de la déshydratation ou d’une simple surestimation de ses forces. On se perd, on se blesse, on se retrouve isolé du groupe. Parfois, c’est aussi trivial que partir sans carte, sans boussole ou sans ravitaillement supplémentaire.

Comment se prémunir avant de partir

La préparation est la base — les secouristes le répètent. Avant de vous lancer, tracez votre itinéraire, repérez les passages délicats et comprenez comment les aborder. Consultez la météo en amont et prévoyez un plan B si les conditions tournent. Et informez toujours quelqu’un de votre destination et de votre heure de retour prévue.

Une formation élémentaire change la donne: apprendre l’orientation et les gestes de premiers secours n’a rien de sorcier, et cela peut sauver une vie. Habillez-vous selon les conditions et emportez l’essentiel — lampe, trousse de secours, nourriture, eau, couches chaudes. Partir seul reste une mauvaise idée; les randonneurs aguerris privilégient le collectif.

Si malgré tout ça tourne mal

Parfois, le plan se délite: une glissade, un malaise, un équipier égaré. Dans ces moments-là, garder son calme compte plus que tout. Les équipes de secours recommandent d’évaluer d’abord la scène: peut-on rester ici en sécurité? D’autres sont-ils en danger immédiat? Puis apporter l’aide possible, protéger le blessé du froid et déterminer si un appel à l’aide est faisable.

Sans réseau, les balises satellitaires prennent le relais. Elles transmettent un signal de détresse loin de toute infrastructure — elles ont déjà sauvé des vies.

Il existe des situations où l’aide met du temps à arriver. Il faut alors savoir s’extraire du danger: sortir d’un trou de neige, conserver la chaleur avec les moyens du bord, s’installer pour la nuit. Reste que le jugement prime: parfois, la décision la plus sensée est de rester sur place et d’attendre les sauveteurs.

Ce que disent les chiffres

Malgré des outils modernes et une sensibilisation accrue, la montagne continue de tuer — souvent parce que l’itinéraire s’avère plus ardu qu’anticipé ou que l’on surestime ses capacités. Le tableau comporte pourtant une note encourageante: de plus en plus de personnes prennent la préparation au sérieux, et le nombre global d’incidents recule.

La technologie aide — elle ne remplace pas le discernement

Les randonneurs d’aujourd’hui disposent d’une panoplie d’auxiliaires: applications météo, outils de navigation, traceurs satellitaires, voire drones. Le matériel aussi a gagné en fiabilité, validé selon des normes internationales. Tout cela réduit le risque, sans l’effacer. L’attention et le sens de la décision restent déterminants.

Conclusion

En montagne, l’erreur se paie. Elle ne récompense ni la précipitation, ni la fanfaronnade, ni l’insouciance. Pour éviter les ennuis, anticipez: préparez votre itinéraire, prenez l’équipement adéquat, maîtrisez les bases et évitez les terrains au-delà de vos limites. La sécurité n’est pas qu’un casque et une carte: c’est aussi la capacité à faire demi-tour quand les signes passent au rouge.