17:36 14-11-2025
La tour de l’horloge Gabriadze à Tbilissi, une scène vivante
Découvrez la tour de l’horloge Gabriadze à Tbilissi: dans la vieille ville, chaque heure un ange sonne; à 12h et 19h, mini-spectacle de marionnettes émouvant.
En flânant dans la vieille ville de Tbilissi, il arrive d’apercevoir une tour de conte, bancale et irrésistible. Cette tour horloge se dresse rue Shavteli, à côté d’un théâtre de marionnettes. On la dirait prête à vaciller, mais rien n’est laissé au hasard: cette fragilité apparente fait partie du dessein.
Une tour volontairement penchée
Édifiée en 2010 sur une idée de l’artiste et metteur en scène Rezo Gabriadze, la tour prolonge son théâtre. Ce n’est pas une relique: c’est une construction contemporaine, patiemment façonnée pour paraître patinée, presque brinquebalante.
Elle penche et semble assemblée de morceaux disparates; une poutre métallique extérieure fait même figure d’étai — à dessein. Gabriadze la voulait hors norme, comme cousue de fragments d’époques et de maisons différentes.
Chaque heure, un bref spectacle
Plus qu’une horloge, c’est une scène. À chaque heure, un ange surgit d’une petite fenêtre au sommet et frappe la cloche d’un marteau. L’instant est fugace, mais on s’en souvient.
À 12:00 et à 19:00, un véritable mini-spectacle se déploie. Dans une niche à la base, une saynète muette de marionnettes, intitulée Le Cercle de la vie, déroule une rencontre, un mariage, des enfants, la vieillesse, l’adieu. Cela ne dure que quelques minutes, et pourtant on reste captif. Beaucoup viennent exprès, souvent en famille.
Décors et détails
La tour est couverte de mosaïques, de motifs, de carreaux peints. On dit même qu’un grenadier pousserait sur le toit, peut‑être comme symbole de vie. L’ensemble est vif, décalé, terriblement photogénique: on a envie d’en capturer chaque recoin.
Un reflet de Tbilissi
Cette création saisit avec justesse l’esprit de Tbilissi. La ville elle‑même garde des aspérités: ancienne et moderne à la fois, stratifiée de styles, pleine d’angles inattendus. La tour semble réunir tout cela en un seul lieu et en faire un symbole.
Ce n’est ni un monument ni une étape de circuit officiel. Elle a été bâtie par quelqu’un avec une idée limpide, ce qui explique pourquoi elle ressemble moins à une curiosité pour visiteurs qu’à une évidence profondément tbilissienne.