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10 moyens de transport nationaux emblématiques à travers le monde

Découvrez 10 moyens de transport emblématiques à travers le monde: tuk-tuk, gondole, funiculaire, jeepney, Shinkansen, tramway à câble, train de bambou, kayak.

© A. Krivonosov

Les moyens de transport nationaux ne sont pas qu’un moyen de relier un point A à un point B ; ils reflètent la culture, l’histoire et la géographie qui les ont façonnés. Partout dans le monde, le temps et le relief ont engendré des façons locales de se déplacer — des gondoles qui glissent sur les canaux de Venise aux tuk-tuks qui se faufilent dans les rues de Thaïlande. Les transports en disent long sur les peuples et les lieux. Tour d’horizon de véhicules emblématiques devenus le quotidien de millions de personnes et de véritables témoins vivants du patrimoine de chaque pays.

Tuk-tuk (Thaïlande, Inde, Sri Lanka, Pérou)

© A. Krivonosov

Le tuk-tuk est un moyen de déplacement aussi singulier que populaire, surtout en Asie du Sud-Est — en Thaïlande, en Inde, au Sri Lanka — et dans certaines régions d’Amérique latine, notamment au Pérou. Ce triporteur motorisé, léger, à cabine ouverte, transporte quelques passagers sur de courtes distances dans le tumulte urbain.

Peu taillé pour la vitesse, il excelle en ville : ruelles étroites, embouteillages, quartiers denses. Sa taille compacte et sa maniabilité en font un réflexe quand chaque minute et chaque mètre comptent.

En Thaïlande, le tuk-tuk fait corps avec la vie urbaine et le tourisme. Les voyageurs l’adoptent volontiers pour de courts trajets — c’est coloré, accessible, mémorable. En Inde comme au Sri Lanka, on le croise partout, solution rapide et économique pour traverser la ville. Au Pérou et ailleurs en Amérique latine, il s’est imposé plus récemment, alternative pratique aux taxis traditionnels dans les petites agglomérations. Pour de nombreuses familles, surtout dans les pays en développement, un tuk-tuk, c’est aussi un gagne-pain : abordable à l’achat et peu coûteux à faire rouler.

Difficile d’imaginer Bangkok sans le bourdonnement des tuk-tuks. Ils concentrent l’énergie, le rythme du quotidien et la culture de rue des lieux qu’ils sillonnent.

Gondole (Italie, Venise)

NearEMPTiness, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons

La gondole — embarcation élancée et traditionnelle — est l’emblème de Venise, cette ville unique posée sur l’eau. Inséparable de la culture et de l’histoire vénitiennes, elle a longtemps servi à se déplacer dans les canaux et reste un marqueur essentiel de la vie sociale et touristique.

Les gondoliers, des professionnels formés, se tiennent sur la poupe et manœuvrent à l’aide d’une seule longue rame, grâce à une technique de nage qui permet de se faufiler dans les passages les plus étroits. Devenir gondolier suppose un apprentissage et une licence ; la tradition s’est d’ailleurs souvent transmise de génération en génération.

Au-delà du transport, la gondole incarne l’élégance et le romantisme vénitiens. Beaucoup choisissent une balade le long des canaux pour marquer une occasion ou simplement s’offrir un moment suspendu.

Avant l’ère des bateaux à moteur et des taxis fluviaux, elle structurait la mobilité quotidienne — trajets domicile-travail, transport de marchandises, rencontres. Aujourd’hui, elle est surtout synonyme de promenade, mais son poids culturel demeure au cœur de l’identité de la ville.

Si les Vénitiens misent désormais sur les bateaux à moteur, la gondole garde sa place : cérémonies, événements, et surtout ces canaux si étroits que les embarcations plus grandes ne peuvent atteindre.

Funiculaire (Suisse)

Random photos 1989, CC0, via Wikimedia Commons

En Suisse, le funiculaire est ce rail singulier qui rend les reliefs abrupts accessibles. Dans les Alpes en particulier, où les pentes ne pardonnent pas, ces lignes sont devenues essentielles — à la fois pour la vie quotidienne et pour le tourisme. Elles ouvrent l’accès aux sommets et aux villages d’altitude autrement difficiles à rejoindre.

Le premier funiculaire du pays a vu le jour en 1879 au Rigi. Depuis, le réseau s’est étendu et s’est imposé comme une prouesse d’ingénierie, donnant un élan décisif au tourisme de montagne et à la mobilité au cœur de paysages exigeants.

Ils attirent les visiteurs avec des ascensions fluides vers des belvédères spectaculaires. Des itinéraires vers Harder Kulm ou Pilatus font figure d’incontournables, et les stations de ski s’appuient sur ces lignes pour acheminer skieurs et snowboardeurs.

Grâce à des dispositifs modernes, c’est l’un des moyens les plus fiables pour voyager en montagne. De larges baies vitrées transforment le trajet en expérience à part entière, avec vallées et sommets qui défilent.

En somme, les funiculaires sont cousus dans la trame helvétique. Ils règlent des défis de transport complexes tout en devenant un temps fort du voyage — reflet d’un pays où l’ingénierie rime avec respect du paysage.

Jeepney (Philippines)

Lawrence Ruiz, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons

Le jeepney est un transport public aussi audacieux qu’atypique — et une icône nationale aux Philippines. Ces minibus, immédiatement reconnaissables à leurs carrosseries personnalisées et à leurs couleurs éclatantes, sont apparus après la Seconde Guerre mondiale et font partie du quotidien depuis.

Ils sont nés des jeeps militaires américaines laissées sur place. Les habitants ont allongé le châssis et ajouté des bancs, créant un véhicule apte à transporter plus de passagers. Ce bricolage de circonstance s’est mué en maillon durable du réseau — et en phénomène culturel.

Les jeepneys fonctionnent comme des taxis collectifs sur des itinéraires fixes, couvrant des trajets courts et moyens, en ville comme à la campagne. À la différence des bus standards, ils marquent l’arrêt à la demande.

Bien plus que des véhicules, ils incarnent créativité et résilience — une solution pratique devenue symbole, que beaucoup associent désormais à l’esprit et aux couleurs des Philippines.

Traîneaux (Russie, pays nordiques)

Elgaard, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons

Les traîneaux sont un mode de déplacement traditionnel en Russie et dans les pays nordiques — Norvège, Suède, Finlande — où la neige et la glace rendaient longtemps d’autres transports impraticables une grande partie de l’année. Ils ont façonné le quotidien autant que la culture, au service du travail comme des loisirs.

Ils sont apparus partout où l’hiver rigoureux imposait un engin capable de glisser sur la neige. On en retrouve des variantes dans tout le Nord — des villages russes aux communautés nomades de l’Arctique.

En Russie, les traîneaux étaient indispensables en saison froide. On y transportait foin, bois et provisions, et les traîneaux tirés par des chevaux emmenaient les voyageurs sur de plus longues distances. Ils ont aussi nourri les coutumes festives, des balades d’hiver aux célébrations.

Dans des pays comme la Norvège et la Finlande, ils ont soutenu chasse, déplacements en forêt et même secours dans des conditions difficiles.

Aujourd’hui, ils vivent encore dans les loisirs et le sport. Chaque hiver, en Russie comme en Scandinavie, les enfants dévalent les pentes ; les familles prolongent la tradition au grand air. Les traîneaux sportifs portent des disciplines comme la luge, le ski-joëring avec chiens ou le biathlon en traîneau de rennes.

Tramway à câble de San Francisco (États-Unis)

Ramesh lalwani, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons

Le tramway à câble de San Francisco est un transport public unique et l’un des plus reconnaissables des États-Unis. Il fonctionne par traction par câble et demeure le seul réseau opérationnel de ce type au monde. Autrefois central dans les déplacements quotidiens, il transporte aujourd’hui habitants et visiteurs en quête du caractère historique de la ville.

La première ligne a ouvert en 1873 pour résoudre un défi très concret : gravir et descendre en sécurité les collines abruptes de la ville, là où les autres véhicules peinaient.

Avec le temps, le tramway à câble est devenu un emblème et une attraction majeure. Chaque année, on monte à bord pour l’expérience — et pour ces perspectives ouvertes sur les rues et les collines.

Parmi les parcours les plus connus, Powell–Hyde traverse le centre et passe par des lieux emblématiques comme Pier 39, Nob Hill et Lombard Street — souvent présentée comme la rue la plus sinueuse du monde.

En 1964, le réseau a été classé National Historic Landmark, soulignant son importance dans l’histoire et la culture américaines. Il circule toujours, malgré le coût et la complexité de son entretien, car il reste utile sur certaines pentes et fait partie de ce qui rend San Francisco… San Francisco.

Rickshaw (Chine, Inde, Bangladesh)

Ronju65, CC BY 4.0, via Wikimedia Commons

Le rickshaw est un véhicule traditionnel d’Asie, répandu en Chine, en Inde et au Bangladesh. Né comme une légère voiturette tirée à la main, il a ensuite évolué vers des versions à pédales puis motorisées. Dans de nombreuses villes, il a tissé un pont entre héritage et mobilité de proximité.

Apparu au Japon à la fin du XIXe siècle, il s’est rapidement diffusé à travers l’Asie, notamment en Chine et en Inde. Les premiers modèles étaient des carrioles à deux roues, tirées par une personne, avec les passagers assis à l’arrière. Pratique dans les ruelles et les quartiers densément peuplés, il offrait une option abordable pour les trajets locaux.

Il est aussi devenu un marqueur culturel. Dans bien des endroits, les rickshaws à pédales se parent de couleurs vives et de motifs, avec des slogans ou des images religieuses qui reflètent les goûts et les croyances du conducteur.

Le travail est physiquement exigeant et, autrefois, le statut social des conducteurs était faible. Beaucoup sont des migrants ou issus de milieux modestes, pour qui le rickshaw représente une source de revenus essentielle.

Même à l’heure de la modernisation urbaine, le rickshaw reste présent dans le paysage de la Chine, de l’Inde et du Bangladesh — preuve d’une capacité d’adaptation qui marie tradition et technologies plus récentes.

Train de bambou (Cambodge)

Isderion, CC BY-SA 3.0 DE, via Wikimedia Commons

Le train de bambou — appelé localement norry — est un véhicule ferroviaire improvisé devenu symbole du Cambodge rural. Il s’agit d’une simple plateforme en bambou posée sur de petites roues et roulant sur des voies standards. Né comme solution pratique sur un réseau vieillissant et là où l’accès à d’autres transports était limité, il a d’abord servi les habitants, avant de séduire les visiteurs par sa simplicité.

Il apparaît dans les années 1980, après la guerre civile, alors qu’une grande partie du réseau était endommagée. À la campagne, on a réemployé les tronçons encore utilisables et fabriqué des plateaux rudimentaires avec des matériaux de base.

Pour les villages, c’était un moyen rapide et économique de déplacer personnes et marchandises, surtout là où les routes étaient impraticables ou inexistantes.

Au fil du temps, le train de bambou a symbolisé l’ingéniosité et l’adaptabilité des communautés rurales — direct, efficace, né de la nécessité.

Les touristes y viennent pour la nouveauté et pour ce regard ouvert sur les paysages et la vie quotidienne du Cambodge rural.

Shinkansen (Japon)

MaedaAkihiko, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons

Le Shinkansen est le réseau japonais de trains à grande vitesse, célèbre dans le monde entier pour sa rapidité, sa ponctualité et sa sécurité — surnommé « train-balle » pour son profil et ses performances. Depuis 1964, il a remodelé les transports publics au Japon et s’impose comme un jalon de l’ingénierie moderne.

Le premier service démarre en 1964, juste avant les Jeux de Tokyo, sur la ligne Tokaido entre Tokyo et Osaka — premier corridor à grande vitesse au monde. Les premiers trains roulent autour de 210 km/h, bien au-delà de tout ce qui existait alors.

Depuis, le réseau s’est étendu dans tout le pays, reliant les grandes villes via des axes comme le Tohoku Shinkansen, le Sanyo Shinkansen ou le Hokkaido Shinkansen. Nouvelles lignes et innovations ont porté les vitesses commerciales à 320 km/h, tout en renforçant sécurité et confort.

Fréquences élevées et hautes vitesses en font un premier choix pour affaires comme pour loisirs. Fait marquant, l’écart moyen au tableau horaire est inférieur à une minute par an, ce qui en fait l’un des systèmes les plus précis qui soient.

Tout au long de son histoire, le réseau n’a enregistré aucun accident mortel ni incident grave — un bilan de sécurité qui se passe de commentaires.

Le Shinkansen incarne l’ambition technologique et les standards de qualité du Japon. Son lancement a révélé le leadership du pays en matière ferroviaire, et ce savoir-faire inspire aujourd’hui des projets à grande vitesse au-delà de ses frontières.

Kayak (Groenland, Alaska, Canada)

NancyHeise, Public domain, via Wikimedia Commons

Le kayak est une embarcation traditionnelle à pagaie créée par les peuples autochtones de l’Arctique — notamment les communautés inuit du Groenland, d’Alaska et du Canada. Historiquement, c’était le principal moyen de parcourir des eaux glaciales pour la chasse et la pêche. Même si ses versions modernes se sont imposées dans le sport et le tourisme, le kayak demeure un lien puissant avec la nature et un témoignage des savoir-faire de survie en milieux extrêmes.

Inuit, Aléoutes et autres peuples de l’Arctique construisaient des kayaks il y a des millénaires, à partir d’armatures en os de baleine ou en bois recouvertes de peaux de phoque ou de morse. Léger et flottant, le dessin était idéal pour les mers arctiques. Pensé pour la chasse et la pêche, le kayak avançait en silence, avec l’agilité nécessaire pour approcher phoques, baleines et poissons.

Pour les peuples du Nord, un kayak allait bien au-delà du transport ; il incarnait une relation intime au milieu naturel. Construire et manœuvrer l’embarcation, lire les courants et la météo, comprendre le comportement des animaux : autant de compétences transmises de génération en génération.

Aujourd’hui, le kayak est largement pratiqué en loisir. Les modèles modernes, en plastique, en fibre de verre ou en carbone, sont durables et légers, ce qui les rend plus pratiques encore. Le kayak s’est imposé partout comme une activité de plein air — une manière d’explorer rivières, lacs, mers et côtes, au ras de l’eau.

Au fond, le kayak symbolise la résilience, l’adaptation et une fine connaissance du monde naturel. Il porte les traditions des peuples arctiques jusqu’au présent, tout en offrant un moyen simple et efficace de se déplacer sur l’eau.