01:40 12-12-2025
Guide des festivals du monde de juillet à décembre
Découvrez notre guide des festivals mondiaux de juillet à décembre: San Fermín, jazz à Montréal, Oktoberfest, Diwali, marchés de Noël. Conseils.
Les fêtes ne sont pas qu’un prétexte pour lever le pied: elles offrent un accès direct aux cultures et aux traditions. Chaque célébration — déferlement de couleurs, festival bondé ou rite ancien — ouvre une fenêtre sur les usages locaux, les racines historiques et les croyances. Voyager pendant les grands rassemblements, c’est cesser d’être spectateur: on entre dans une mise en scène à ciel ouvert qui emporte parfois des villes entières, voire des pays.
Ce guide des festivités mondiales rassemble quelques‑unes des expériences les plus marquantes. Du carnaval mythique de Rio au Día de los Muertos au Mexique, des marchés de Noël européens à l’explosif Holi en Inde: autant de rendez‑vous à viser si vous cherchez des voyages avec du relief. Vous y trouverez aussi des suggestions pour vous préparer, quoi emporter et comment faire vibrer chaque escapade un peu plus fort. La première partie de cet article est disponible sur le site Turistas.
Juillet
San Fermín (Pampelune, Espagne) compte parmi les fêtes les plus célèbres et colorées du pays. Chaque année, du 6 au 14 juillet, la Navarre célèbre le saint patron de la ville, Saint Fermín. Sa signature, c’est l’encierro, la course de taureaux à travers les ruelles: un moment haletant qui attire curieux et habitués venus du monde entier. Tradition, ferveur, liesse et une pointe de danger s’y mêlent d’une façon rare.
L’encierro a lieu chaque matin à 8 h, du 7 au 14 juillet. Les coureurs s’élancent depuis la rue Santo Domingo et parcourent environ 850 mètres jusqu’aux arènes, dans le centre historique, en tentant de garder l’avance sur la manade et d’éviter les collisions. Le risque et l’adrénaline font partie du jeu, au point d’aimanter à la fois des vétérans et des novices qui veulent éprouver leurs nerfs.
Au‑delà de la course, la semaine est rythmée par des processions religieuses et culturelles. Le 7 juillet, un défilé en l’honneur de Saint Fermín réunit musiques traditionnelles et danses. Le soir, après la course, les arènes de Pampelune accueillent une corrida avec des matadors de premier plan: une conclusion très théâtrale à une journée déjà chargée.
Le Festival de jazz de Montréal (Canada) est le plus grand rassemblement de jazz au monde, chaque année entre fin juin et début juillet. Pendant dix jours, la ville se transforme en scène vivante où légendes et nouveaux talents se croisent: standards, fusion, blues, soul, explorations contemporaines… Un marathon musical qui donne à toute la cité un tempo particulier.
Référencé par le Guinness World Records comme le plus grand festival de jazz au monde, il accueille près de 2 millions de visiteurs et plus de 3 000 musiciens. Plus de 500 concerts figurent au programme, dont environ deux tiers gratuits, disséminés sur des scènes extérieures à travers Montréal.
Le festival s’adresse à tous les âges, avec des activités dédiées aux familles et aux enfants: ateliers, espaces interactifs, initiation aux bases musicales et à l’improvisation. On comprend facilement pourquoi l’événement rallie chaque année de nouveaux publics.
Le Festino de Palerme (Palerme, Italie) est l’un des grands rendez‑vous culturels et religieux de la ville, organisé en juillet en l’honneur de Sainte Rosalie, sa patronne. Habitants et visiteurs se rassemblent pour des processions, des offices, des spectacles de rue et de spectaculaires feux d’artifice — immersion garantie dans l’esprit et la dévotion siciliens.
Au cœur des rites, la procession de la statue de Sainte Rosalie. Les célébrations s’ouvrent par un grand cortège: la statue, installée sur un char orné, traverse les principales artères, au son des chants, des prières et des musiques traditionnelles, au milieu d’une foule dense de fidèles. Les offices se poursuivent à la cathédrale, et de nombreux pèlerins gravissent le Monte Pellegrino jusqu’aux grottes associées à la vie et aux miracles de la sainte.
Parmi les moments forts, le feu d’artifice du soir au‑dessus du front de mer du Foro Italico, véritable point d’orgue qui rassemble des milliers de personnes et enveloppe la ville d’un sentiment d’émerveillement.
Août
Le Festival des arts d’Édimbourg (Écosse) est l’un des événements culturels les plus vastes et les plus prestigieux au monde, organisé en août dans la capitale écossaise. Né en 1947, il s’est imposé comme un symbole d’ouverture internationale, attirant troupes, musiciens, compagnies de théâtre et de danse, ainsi qu’un public venu de partout. Au programme: pièces, concerts, opéra, ballet, danse contemporaine, expositions et plus encore. La ville tout entière se transforme en vitrine créative.
Des artistes de tous horizons composent un paysage résolument multiculturel, qui élargit et densifie la programmation. On y découvre aussi bien des créations écossaises et britanniques que des projets venus d’ailleurs — un mélange qui maintient l’ensemble dans une dynamique de découverte.
Les spectacles investissent des lieux emblématiques d’Édimbourg, de l’Usher Hall au Royal Theatre et au Playhouse, sans oublier des cadres historiques singuliers comme le château d’Édimbourg. Ces décors donnent du relief et une vraie présence aux représentations, même les plus intimistes.
Le final réunit musique et feux d’artifice dans les jardins de Princes Street. Tandis que le Royal Scottish National Orchestra joue, des gerbes éclatent au‑dessus du château — une conclusion en apothéose qui reste en tête bien après la dernière note.
La Tomatina (Buñol, Espagne) est la fameuse bataille de tomates organisée chaque année: la plus grande « mêlée » de ce genre au monde, où des milliers de participants s’envoient des fruits bien mûrs. Ce rendez‑vous aussi joyeux que potache se tient le dernier mercredi d’août et attire des visiteurs venus de loin.
Pendant une heure, la Plaza del Pueblo et les rues voisines se métamorphosent en arène écarlate. Plus de 120 tonnes de tomates, acheminées spécialement pour l’occasion, servent de munitions. Les fruits sont volontairement trop mûrs pour éclater facilement et limiter les risques de blessure.
Avant le coup d’envoi, les rues sont arrosées pour faciliter le nettoyage. Les participants portent des vêtements simples et usés — les taches de tomate ne pardonnent pas — et beaucoup optent pour des lunettes de protection. Malgré le chaos apparent, des règles de sécurité basiques s’appliquent. À l’heure dite, un signal met fin aux lancers, et les camions de pompiers avec des volontaires nettoient les rues.
Le Festival d’art lumineux de Cologne (Allemagne) transforme chaque année la ville en paysage de lumière. Installations monumentales, projections et feux d’artifice réinventent l’espace urbain, avec du mapping architectural sur les façades et un show signature au‑dessus du Rhin. Quand le son et la couleur s’emparent de la skyline, l’effet est spectaculaire.
La cathédrale de Cologne, le musée Ludwig et d’autres bâtiments emblématiques deviennent des toiles à ciel ouvert. Des artistes et designers de différents pays conçoivent des projections qui mêlent lumière, couleur et formes pour des expériences visuelles mémorables.
La musique accompagne nombre d’installations — partitions orchestrales comme créations contemporaines — et amplifie l’atmosphère. Le parcours audiovisuel qui en résulte a quelque chose d’aimant qui retient le regard.
Septembre
L’Oktoberfest (Munich, Allemagne) est le plus grand festival de bière au monde, qui réunit chaque année des millions de personnes. Traditionnellement, il s’étend de la fin septembre au premier week‑end d’octobre, offrant environ deux semaines de bière, de musique bavaroise, de danses, de manèges et de spécialités locales. Bien plus qu’une beuverie, c’est un rituel culturel solidement ancré.
Le cœur du dispositif, ce sont les tentes dressées sur la Theresienwiese. Environ 14 grandes tentes et plus de 20 plus petites — chacune liée à une brasserie munichoise — servent des bières bavaroises brassées spécialement pour l’Oktoberfest. Elles se dégustent dans les célèbres chopes d’un litre (Maß). Côté assiettes, la tradition est tout aussi présente.
Au‑delà de la bière et de la cuisine, la fête foraine déroule son lot d’attractions: carrousels, grande roue, montagnes russes, stands de tir et autres. Entre manèges d’époque et sensations modernes, il y en a pour tous les âges — une des raisons pour lesquelles les familles font partie du paysage.
Le Festival du vin (Düsseldorf, Allemagne) met à l’honneur les vins allemands le long de la Königsallee, l’une des artères les plus emblématiques de la ville. Organisé chaque année en août, il réunit des producteurs de tout le pays — notamment du Rheingau, de la Moselle et du Palatinat — pour des dégustations variées dans une ambiance conviviale.
Les stands proposent blancs, rouges et rosés, ainsi que des spécialités comme les vins moelleux, le riesling et le sekt. Les vignerons partagent volontiers l’histoire de leurs cuvées — origines, particularités et traditions de production.
La gourmandise fait partie de l’expérience: en-cas allemands classiques et bouchées plus raffinées. Plateaux de fromages, saucisses grillées, pains d’épices, snacks bavarois et autres accords facilitent une dégustation sans hâte.
La musique live parachève l’atmosphère — jazz, musique classique et airs folkloriques locaux donnent au festival un ton détendu et festif. L’esprit de partage compte autant que ce qu’il y a dans le verre.
Octobre
Le Festival of Lights de Berlin (Allemagne) fait partie des rendez‑vous culturels les plus éblouissants du pays, en octobre. Monuments, façades et rues se transforment en galerie à ciel ouvert grâce aux artistes qui utilisent éclairages et projections pour métamorphoser l’architecture familière. Difficile de ne pas regarder la ville autrement.
Chaque édition adopte un thème, qui inspire des œuvres uniques: sujets culturels et historiques, mais aussi questions de durabilité et d’environnement.
Le mapping 3D et des dispositifs interactifs ajoutent une dimension supplémentaire, avec des projections volumétriques et dynamiques qui réinventent des pans entiers de bâtiments. Certaines installations invitent le public à intervenir — changement de couleurs ou déclenchement d’effets lumineux — si bien que les spectateurs deviennent partie prenante.
Diwali (Inde) est l’une des fêtes les plus importantes et les plus lumineuses du pays, célébrée par des millions de personnes à travers le monde. Elle symbolise la victoire de la lumière sur l’obscurité, du bien sur le mal, et du savoir sur l’ignorance. Observée par les hindous, jaïns, sikhs et bouddhistes — avec des usages qui varient selon les régions et les confessions —, Diwali tombe généralement en octobre ou en novembre et dure cinq jours, avec un pic le troisième jour lorsque d’innombrables lampes sont allumées.
Villes et villages scintillent de guirlandes et de lanternes. Beaucoup marquent l’occasion par des rituels en l’honneur de Lakshmi, déesse de la richesse et de la prospérité, et de Ganesha, dieu de la sagesse et de la bonne fortune. Les maisons se parent de fleurs et de rangolis colorés à l’entrée, et les pujas sont célébrées pour inviter le bonheur et le bien‑être.
Novembre
Le Día de los Muertos (Mexique) est l’une des traditions les plus fortes et les plus colorées du pays, célébrée les 1er et 2 novembre. Ancrée dans les cultures mésoaméricaines et mêlant héritages autochtones et chrétiens, elle honore les ancêtres disparus. Loin d’être austère, la fête se vit comme un retour à la maison: les familles se souviennent des leurs, convaincues que, ces jours‑là, les âmes reviennent parmi les vivants.
Les familles dressent des ofrendas (autels) à la maison ou dans les cimetières, ornés de photographies, de bougies, de fleurs — souvent des œillets d’Inde —, et des plats, boissons et objets favoris des défunts. Ces autels, éclatants de couleurs, symbolisent l’union entre vivants et morts. À la veille de la fête, on nettoie les tombes et on les décore de fleurs, de bougies et de photos. Dans la nuit du 1er novembre, on se réunit dans les cimetières, avec de quoi partager un repas « avec » les ancêtres. Les veillées illuminées par des milliers de bougies mêlent respect et joie.
Loy Krathong (Thaïlande) est l’une des célébrations les plus poétiques et symboliques du pays — une fête de l’eau et de la lumière placée sous le signe de la gratitude et de la purification. Elle se déroule la nuit de la pleine lune du 12e mois lunaire, généralement en novembre du calendrier grégorien. Le geste central consiste à déposer des « krathongs », petites embarcations fleuries portant bougie et encens, sur les rivières, canaux, lacs et étangs — remerciement aux esprits de l’eau et adieu au passé.
On y glisse souvent des pièces ou des mèches de cheveux ou d’ongles, pour laisser symboliquement derrière soi la malchance et accueillir un renouveau. L’envoi d’un krathong est associé à la chance et au départ des énergies négatives.
Des feux d’artifice strient la nuit et créent une lumière presque irréelle. De nombreuses villes proposent des spectacles de lumière et de laser, ainsi que de la musique, des danses et des performances de rue qui entretiennent l’esprit de fête.
Partout, marchés et foires s’installent, et habitants comme visiteurs se rassemblent au bord de l’eau pour faire voguer leurs krathongs, goûter aux plats thaïs traditionnels et assister à des prestations culturelles.
Le Festival of Lights (Yorkshire, Royaume‑Uni) éclaire des villes et des bourgs pendant la saison hivernale, lorsque les longues nuits créent l’écrin idéal pour la chaleur et l’émerveillement. Il met la lumière au cœur de la création pour transformer l’espace public, en réunissant art contemporain, installations et innovation technologique.
Au programme, sculptures lumineuses, projections et œuvres interactives signées d’artistes locaux et internationaux, qui animent rues, parcs et bâtiments patrimoniaux. Les shows laser et le mapping 3D sur des façades célèbres créent des illusions de mouvement et de métamorphose — preuve saisissante du pouvoir de la lumière sur nos repères.
Décembre
Les marchés de Noël (Allemagne, Autriche) transforment villes et villages en contes d’hiver, de fin novembre à décembre. Les chalets en bois regorgent de vin chaud, d’artisanat et de douceurs saisonnières, et la lumière des décorations enchante jusqu’aux places les plus familières. Parmi les traditions les plus anciennes et les plus appréciées des deux pays, ils attirent habitants et voyageurs en quête d’esprit de fête, de saveurs régionales et d’objets uniques.
Attendez‑vous à des rangées de stands à colombages, habillés de manière classique et offrant une large palette de produits. Des milliers de lumières, des guirlandes et des sapins plantent un décor magique, tandis que monuments historiques et places centrales se drapent d’illuminations.
Les familles y trouvent leur compte: patinoires, carrousels, grande roue, petits trains de Noël et ateliers créatifs pour enfants. Le soir, chorales, chants et musiciens de rue composent une bande‑son continue — cloches, hymnes et airs familiers enveloppent les marchés d’une douceur nostalgique.
Hogmanay (Édimbourg, Écosse) est la célébration traditionnelle du Nouvel An en Écosse, avec la capitale comme épicentre. C’est l’un des plus grands rendez‑vous de fin d’année au monde, connu pour ses fêtes de rue, ses procession aux flambeaux et ses feux d’artifice.
La procession aux flambeaux, moment emblématique de Hogmanay, se tient le 30 décembre: des milliers de personnes portent la flamme à travers la ville, avant un show lumineux et un concert sur Calton Hill. Le 31 décembre, le centre‑ville devient une immense fête en plein air, avec des artistes locaux et internationaux, de la danse, et une foule à la fois dense et étonnamment soudée. Peu d’endroits savent accueillir la nouvelle année avec autant de panache.
Ce calendrier peut guider vos voyages selon vos affinités — programmes riches en culture, fêtes gourmandes ou carnavals ancestraux.