01:32 06-12-2025

Sangliers à Haïfa: pourquoi ils reviennent en ville et que faire

À Haïfa, Israël, les sangliers s’invitent en ville: causes, risques pour les habitants et solutions. Étude, gestion des déchets, conseils face aux animaux.

By Hanay - Own work, CC BY-SA 3.0, Link

À Haïfa, dans le nord d’Israël, des sangliers arpentent les rues depuis plusieurs années. On les voit au pied des immeubles, près des aires de jeux, autour des bennes à ordures. Ce qui paraissait autrefois une rareté fait désormais partie du quotidien urbain.

Les habitants réagissent chacun à leur manière: certains dégainent leur téléphone pour filmer, d’autres évitent de sortir après la tombée de la nuit. La mairie cherche encore une solution durable.

D’où viennent-ils ?

By Hanay — Own work, CC BY-SA 3.0

Haïfa borde le mont Carmel, un espace riche en forêts et en verdure où les sangliers vivent naturellement. Quand la nourriture se fait rare, ils vont au plus simple. Et où dénicher un repas sans effort ? En ville — surtout près des conteneurs mal sécurisés.

Une étude récente suggère que les sangliers ciblent ces endroits délibérément. Ils mémorisent les lieux sûrs et ceux où l’on trouve à manger avec un minimum d’effort. Si les bacs sont ouverts ou mal entretenus, les animaux reviennent, encore et encore.

Les habitants s’inquiètent — et ils ont de bonnes raisons

Les signalements de sangliers urbains sont devenus monnaie courante: certains les aperçoivent depuis leur fenêtre, d’autres les croisent à l’entrée de l’immeuble. Les bêtes peuvent paraître calmes, mais leur gabarit et leur imprévisibilité imposent le respect. La rencontre a de quoi déstabiliser, surtout les enfants et les personnes âgées.

En 2024, après l’élection d’un nouveau maire, la situation a semblé s’améliorer. On en voyait moins, et les habitants respiraient un peu. Mais début 2025, les plaintes ont recommencé à affluer — de quoi raviver la crainte d’un retour en force du phénomène.

La ville s’y emploie — pour l’instant, sans grand succès

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Mi-2025, un rapport d’un auditeur d’État a relevé que les autorités de Haïfa n’avaient toujours pas défini un plan clair pour traiter le sujet. Des mesures sont prises, mais elles semblent s’enchaîner sans réelle coordination.

Pas de stratégie unifiée: pas de procédure précise, pas de responsabilités établies, pas de délais d’intervention clairs. Dans ces conditions, difficile pour les habitants de croire que le problème est réellement pris à bras-le-corps, et la confiance se reconstruit mal quand les réponses paraissent improvisées.

Ce qui pourrait marcher

Les chercheurs qui ont étudié la situation estiment que se contenter de piéger les sangliers — ou d’attendre qu’ils repartent d’eux-mêmes — ne fera pas l’affaire. Le problème est plus complexe. Il faut changer d’approche: mieux gérer les déchets, installer des bacs plus robustes que les animaux ne peuvent pas ouvrir, et donner des consignes claires aux habitants sur la conduite à tenir face à un animal sauvage.

Il importe aussi de comprendre comment les sangliers circulent en ville, quels secteurs ils privilégient et pourquoi. C’est à cette condition que des décisions sensées pourront être prises et réellement utiles.

Et maintenant ?

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Haïfa illustre de façon frappante la superposition du sauvage et de l’urbain. Pour l’instant, les sangliers reviennent parce que nous leur en laissons la facilité. Si rien ne change, ils seront plus présents.

La faune urbaine ne concerne pas que Haïfa. Des cas similaires existent dans de nombreux pays. L’expérience de la ville israélienne pourrait servir à d’autres — à condition d’en tirer les bonnes leçons.