21:36 04-12-2025

Forteresse de Gori: du bastion antique à Tskhrakara

Découvrez la forteresse de Gori en Géorgie: bastion millénaire reconstruit par Héraclius II et célèbre pour ses neuf portes. Histoire et architecture.

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Au cœur de la Géorgie, dans la ville de Gori, une vieille forteresse coiffe une colline. On la voit depuis presque tous les points de la ville. À première vue, elle peut sembler réduite à des vestiges, pourtant le site renferme une histoire stratifiée de combats, de basculements de pouvoir et de détours inattendus.

La forteresse de Gori est plus qu’un cercle de pierre ancienne. Elle rappelle comment une petite ville s’est retrouvée, à maintes reprises, au carrefour d’enjeux plus vastes. Difficile de ne pas y lire une leçon de résilience.

Pourquoi a-t-on bâti la forteresse ici ?

La colline offrait une défense naturelle. De là-haut, les environs se déploient comme une carte, et toute approche se repère aisément. Rien d’étonnant à ce que l’on s’y soit installé dès la plus haute Antiquité : des archéologues y trouvent des traces de fortifications vieilles de plusieurs millénaires.

La première mention écrite remonte au XIIIe siècle, même si le site est probablement plus ancien. Placée sur d’importantes routes commerciales et militaires, Gori comptait sur cette place forte pour sa protection. La logique du lieu saute aux yeux.

Qui la contrôlait ?

Au fil des siècles, des puissances rivales se sont disputé le bastion. Entre les XVIe et XVIIIe siècles, il a changé de mains entre l’Empire ottoman, la Perse et les rois géorgiens. Chacun a cherché à le renforcer et à le remodeler à sa manière.

Le tournant intervient sous le règne d’Héraclius II. En 1774–1775, il reconstruit entièrement la forteresse, lui donnant en grande partie son visage actuel. C’est alors que prend forme sa section la plus connue — le flanc occidental doté de neuf entrées. Malgré les dommages ultérieurs, ce secteur est celui qui a le mieux traversé le temps.

Quand a-t-elle perdu son rôle militaire ?

Au début du XIXe siècle, la Géorgie intègre l’Empire russe. Dès lors, la forteresse perd une grande part de son importance. Elle sert encore de poste militaire, mais on n’y livre plus de batailles. Ce calme dit quelque chose d’un changement d’époque.

Puis, en 1920, un puissant séisme fait s’effondrer des pans de muraille. Depuis, elle se dresse à demi ruinée, et pourtant elle continue d’attirer les regards — pas seulement ceux des visiteurs.

Qu’est-ce qui frappe dans sa conception ?

Les murs s’élèvent jusqu’à 10 mètres. Bâtis en pierre, ils témoignent d’une pensée défensive précise : un fossé, un tunnel d’eau dissimulé, et des passages complexes destinés à ralentir un intrus. Le secteur occidental se distingue — les habitants le connaissent sous le nom de Tskhrakara, un terme géorgien qui signifie neuf portes.

Cette forteresse illustre une manière d’édifier la défense : solide, réfléchie, faite pour durer.

Pourquoi s’intéresser à la forteresse de Gori ?

Aujourd’hui, la forteresse de Gori n’est plus un site militaire, mais un monument d’histoire. Elle n’a pas la notoriété d’autres lieux, et pourtant elle porte une symbolique forte. Une discrétion qui lui va bien.

On y perçoit l’histoire de la Géorgie — des temps anciens à l’époque royale, de l’indépendance à l’intégration dans un empire.

Même sans projet de voyage, son histoire aide à comprendre comment on vivait, ce pour quoi on se battait, et comment les frontières et les pouvoirs ont changé. Une clé de lecture précieuse.