21:35 03-12-2025
Comment l’Inde a inventé le zéro et le système décimal
Découvrez comment le zéro né en Inde a rendu possible le système décimal et accéléré les calculs, des savants indiens à son adoption en Europe.
Imaginez ne pas pouvoir écrire 205 — tout simplement parce que le zéro n’existe pas. Cela paraît anodin, et pourtant cette absence a déclenché une véritable révolution née dans l’Inde ancienne.
Avant le zéro : compliqué, déroutant et peu pratique
Il y a des millénaires, on savait déjà compter. Égyptiens, Romains, Sumériens — chacun avait son système. Mais il manquait un élément décisif : un signe pour désigner le néant. Si un nombre n’avait pas de dizaines, comment l’indiquer ? En pratique, on ne l’indiquait pas.
Ces notations étaient lourdes. Les grandes valeurs se changeaient en suites ingérables de signes, propices aux erreurs. Sans zéro, impossible de distinguer nettement 25 de 205.
L’Inde a été la première à reconnaître que le rien compte aussi
Tout change en Inde. Dès les IIIe–IVe siècles de notre ère, des scribes utilisent un symbole pour marquer la case vide dans un nombre. Des indices figurent dans un ancien texte connu sous le nom de manuscrit de Bakhshali.
Le tournant arrive au VIIe siècle avec le savant Brahmagupta. Il ne s’est pas contenté de marquer le vide ; il a fixé des règles pour le manipuler — addition, soustraction, multiplication. Le zéro devient alors un nombre à part entière, et non plus un simple repère.
Un peu plus tôt, vers l’an 500, un autre savant indien, Aryabhata, défend un système où la position compte. Le chiffre 2 peut valoir deux, vingt ou deux cents selon sa place. Cela a préparé le terrain pour ce que nous appelons aujourd’hui le système décimal.
Pourquoi le système décimal compte
Nous l’utilisons chaque jour : 10, 100, 1 000. Il s’écrit aisément, car chaque chiffre prend son sens selon sa position. Le zéro signale l’absence de dizaines ou de centaines tout en préservant unités ou milliers. Sans lui, la logique s’effondre.
Cette approche a rendu le calcul plus clair et plus rapide. Les problèmes se résolvaient plus facilement, les registres se tenaient plus simplement, et l’écriture des nombres se raccourcissait. Rien d’étonnant à ce que la méthode, tellement pratique, ait essaimé dans le monde entier.
Comment l’idée indienne est arrivée en Europe
Au IXe siècle, des savants arabes découvrent le système indien. Ils adoptent le zéro et la notation positionnelle et en perçoivent rapidement la puissance.
Du monde arabe, l’idée gagne l’Europe. D’abord, certains se méfient du zéro, se demandant comment on peut compter le rien. Mais ses avantages s’imposent, et le monde finit par adopter le système indo-arabe — la notation que nous utilisons aujourd’hui.
Ce que le zéro a changé
À première vue, ce n’est qu’un petit cercle. En pratique, il a libéré vitesse et précision dans le maniement des nombres. Sans lui, pas d’algèbre, pas d’ordinateurs, pas d’internet. Même un relevé bancaire deviendrait difficile à consigner.
Les savants indiens ont été les premiers à comprendre que même le rien peut être essentiel. Ils n’ont pas seulement créé un signe ; ils ont reconfiguré notre manière de penser les nombres.
Le zéro, bien plus qu’un chiffre
Le zéro est plus qu’un chiffre. C’est une idée qui a transformé les mathématiques, la science et le monde où nous vivons — et elle a pris forme en Inde. Grâce à cette notion de vacuité, nous pouvons compter par millions, lancer des fusées et écrire du code. Parfois, pour démarrer quelque chose de grand, il faut partir de zéro.