17:36 13-11-2025
Pourquoi Astana a changé de nom: de Tselinograd à Nur-Sultan, puis retour
Découvrez l'histoire des changements de nom d'Astana, capitale du Kazakhstan: de Bozok et Akmolinsk à Tselinograd, Akmola, Nur-Sultan, puis retour à Astana.
Astana est bien plus que la capitale du Kazakhstan. C’est une ville qui a changé de nom à plusieurs reprises, et chaque bascule raconte sa propre histoire — tissée de politique, de symboles et des tournants qu’a connus le pays.
Aux origines
Sur le site de l’Astana actuelle, un établissement médiéval nommé Bozok existait aux XIIe–XIVe siècles, comme l’attestent des découvertes archéologiques. La ville moderne prend forme en 1830, avec la création d’un avant-poste militaire baptisé Akmolinsk — l’un des postes-frontières de l’Empire russe dans la steppe.
À l’époque soviétique, 1961 apporte un nouveau nom: Tselinograd, choisi en hommage à la campagne des Terres vierges. Il souligne alors le rôle agricole de la région.
Après l’indépendance du Kazakhstan, la ville est rebaptisée Akmola. C’est alors que le président Nursultan Nazarbayev décide de transférer la capitale d’Almaty vers ce site. En 1997, Akmola devient officiellement la nouvelle capitale du pays.
Pourquoi le nom Astana
En 1998, la ville reçoit un nouveau nom — Astana, qui signifie simplement « capitale » en kazakh. Le choix est direct, neutre — presque pragmatique — et facile à prononcer dans différentes langues. Il reflète la nouvelle fonction de la ville, devenue le centre d’une jeune nation en train de bâtir son indépendance.
Avec ce statut, les chantiers s’enchaînent. Des architectes conçoivent un plan pour transformer la ville en métropole moderne. Des bâtiments audacieux s’élèvent le long de larges avenues, et la silhouette urbaine prend des airs de « ville du futur ».
Pourquoi elle est ensuite devenue Nur-Sultan
En 2019, un nouveau changement de nom survient. Après que Nursultan Nazarbayev a quitté la présidence, son successeur, Kassym-Jomart Tokayev, propose d’appeler la capitale Nur-Sultan en signe de respect envers le premier dirigeant du pays.
La décision est prise rapidement, mais l’accueil est mitigé: certains soutiennent l’initiative, tandis que beaucoup estiment qu’il n’est pas souhaitable de donner à une ville le nom d’un responsable politique vivant. Le nom tiendra pourtant près de trois ans.
Retour à Astana
En septembre 2022, les autorités rétablissent le nom précédent — Astana. Selon les députés à l’origine de la proposition, le nom Nur-Sultan ne s’est jamais vraiment imposé. Ce retour est largement perçu comme le signe d’un mouvement vers le renouveau et davantage d’ouverture.
Beaucoup y voient aussi une manière d’alléger le lien très fort avec le passé et de déplacer l’identité de la capitale vers quelque chose de plus contemporain et plus neutre.
Ce que disent ces rebaptêmes
À première vue, changer de nom relève des plaques et des formulaires. Dans le cas d’Astana, chaque appellation a pourtant accompagné un tournant plus large du pays:
- Tselinograd — symbole de l’ère soviétique et de la campagne des Terres vierges.
- Akmola — retour aux racines historiques.
- Astana — nouvelle capitale d’un pays fraîchement indépendant.
- Nur-Sultan — tentative d’inscrire dans la durée le nom du premier président.
- Retour à Astana — mouvement vers le changement et un regard neuf sur l’avenir.
Ces revirements ne se sont pas limités aux cartes et aux documents: ils ont aussi influencé l’humeur publique. À ce titre, les noms de la ville ont fait office de miroir, reflétant la manière dont le pays a évolué.
Et maintenant ?
Aujourd’hui, Astana n’est plus un simple intitulé: c’est une marque reconnue au-delà des frontières du Kazakhstan. Beaucoup espèrent que le nom restera désormais stable. Si l’histoire de la ville suggère quelque chose, c’est que le changement reste toujours possible. Pour l’heure, la constance peut parler aussi fort qu’un nouveau symbole.